‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 23 sur 206 · LBS MOEURS DU TEMPS · texte numérisé non relu

LBS MOEURS DU TEMPS

Air : 11 est tonjoan le même.

Je sais fort bien que tiir moi Ton ba]>iile) Que Mn-disant

Xai le ton trop plaisant ;

Mais cet air amusant

Sied si bien à Camille ?

Philosophe par goût ,

Et toujours et de tout Je ris , je ris , tant je suis bonne fille !

Pour le théâtre ayant quitté Paignille , À mon début j

Craignant quelque rebut ,

Je me livre en tribut

Au censeur Masearille ;

Et ce cuistre insolent

Dénigre mon talent ; Mais moi , j'en ris , tant je suis bonne fille.

Un sénatcar , qui toujours apostille, Dit : Je roudraia Servir tes intérêts.

Lors j^etsaie à grands frais D^écliaufPer le vieux drille.

Quoi qu'il fît espérer , Je n'en pus rien tirer , Mais j'en ai ri , tant je snis bonne fille.

Un chambellan , qui de clinquant pétille y Après qu'un jotir

Il m'eut fait Toir la cour ,

Enrichit mon amour

De ce jonc qui scintille.

J'en fais voir le chaton :

C'est du faux , me dit-on.

Et moi y j'en ris, tant je suis bonne fille.

Un bel-esprit, beau de l'esprit qu'il pille , Grâce à moi , fut

Nommé de l'Institut.

Quand des voix, qu'il me dut

Tient l'éclat dont il briUe,

Avec moi que de fois

Il a manqué de voix !

Mais j'en ai ri, tant je suis bonne fille.

Un lycéen , qui sort de sa coquille , Tout triomphant.

Dans ses bras m'étouffant ,

De me faire un enfant

Me proteste qu'il grille;

Et le petit morveux,

Au lien d'un , m'en fait deux j Mais moi, j'en ris, tant je suis bonne fille.

Trois auditeurs me disent : Tiens , Camille , Soupe ayec nous ;

Que nous fassions les fous.

T'étais seule pour tous :

L'un d'eux me déshabille.

Puis le vin met dedans

Nos petits intendans; Et moi, j'en ris, tant je suis bonne fille.

Telle est ma Tie; et sur mainte yétille J'aurais ici Pu glisser, Dieu merci !

Dans ses jupons aussi Je sais qu'on s'entortille ^ Mais les restrictions , * Mais les précautions, loi, je m'en ris, tant je suis bonne fiQe.

Page 1