LES GOURMANDS
▲ MM. LES GASTBONOME8.
Air : Toat le long de la ri?ière.
Croimnands , cessez de nous donner La carte de votre dîner :
Tant de gens qui sont au régime Ont droit de vous en faire un crime ! Et d'ailleurs , à cbaque repas , D'étouffer ne tremblez-vous pas?
(Test une mort peu digne qu'on l'admire. jQi ! pour étouffer , n'étouffons que de rire \ N'étouffons , n'étouffons que de rire.
Labouclie pleine, osez-vous bien Gbanter l'Amour , qui vit de rien î A l'aspect de vos barbes grasses, D'effroi vous voyez fuir les Grftces; Ou , de truffes en vain gonflés , Près de vos belles vous ronflez.
L'embonpoint même a dû parfois vous nuire. Ab ! pour étouffer , n'étouffons que de rire j N'étouffons, n'étouffpns que de rire.
Tons n'exaltez, maîtres gloutons, Que la gloire des marmitons :
Méprisant l'auteur humble et maigre Qui mouille un pain bis de vin aigre , Vous ne trouvez le laurier bon
Que pour la sauce et le jambon j Chez les Français, quel étrange délire ! Ah ! pour étouffer , n'étouffons que de rire - N'étouffons , n'étouffons que de rire.
Pour goûter à point chaque mets , A table ne causez jamais; Chassez-en la plaisanterie : Trop de gens, dans notre patrie, De ses charmes étaient imbus :
Les bons mots ne sont qu'un anus.
Pourtant ,messieujft , permettez-nous d'en dire. Ah ! pour étouffer, n'étouffons que de rire 9 N'étouffons, n'étouffons que de rire.
Français, dînons pour le dessert :
L'Amour 7 vient , Éhilis le sert ; Le bouchon part , Tesprit pétille ; La Décence même y babille, Et par la Gaîté , qui prend feu , Se laisse coudoyer un peu.
Chantons alors l'Aï qui nous inspire.
Ah ! pour étouffer , n'étouffons que de rire ; N'étouffons 9 n'étouffons que de rire.