LE CHAMP D'ASILE
( lODT ISIS. }
Âia de ta romance de BéU$alro, (Par Garat.) .
ün chef de bannis courageux,
Implorant un lointain asile,
A des sauvages ombrageux Disait : • L'Europe nous exilé.
•Heureux enfants de cee forêts,
. »De nos maux apprenez Thistotre :
■ Sauvages I noue somme» Français;
• Prenez pitié de nortre gloire.
■ Elle épouvante encor les rois ,
• Et nous bannit des humbles chaumes
• D’où , sortis pour venger nos droits ,
■ Nous avions dompté vingt royaumes.
• Nous courions conquérir la Paît
•Qui fuyait devant la Victoire.
• Sauvages ! nous sommes Français.
•Prenez pitié de notre gloire.
• Dans FInde, Albion a tremblé,
• Quand de nos soldats intrépides
• Les chants d'allégresse ont troublé
• Les vieux échos des Pyramides.
B Les siècles pour tant de hauts faits •N’auront point assez de mémoire
• Sauvages I nous sommes Français,
• Prenez pitié de notre gloire.
• Un homme enfin sort de nos rangs;
• 11 dit : « Je suis le dieu du monde, a
• L'on voit soudain les rois errants
• Conjurer sa foudre qui gronde.
B De loin saluant son palais ,
• A ce dieu seul ils semblaient croire
• Sauvages I nous sommes Français,
• Prenez pitié du notre gloire.
• Mais il tombe*, et nous, vieux soldats,
• Qui suivions un compagnon d'armes,
• Nous voguons jusqu'en vos climats , .
• Pleurant la patrie et ses charmes.
•Qu’elle se relève à jamais
• Du grand naufrage de la Loire !
• Sauvages ! nous sommes Français;
• Prenez pitié de notre gloire. •
Il se tait. Un sauvage alors Répond ! « Dieu calme les orages.
• Guerrieri, par(ogei nos trésors
.Ces champs, ce, neures, ces onibragcs.
• IrraTons sur l'arbre de la Pair
• Ces mots d’un fils de la Victoire :
■ Sauvages! nous sommes Français-
■ Prenez pitié de notre gloire. >
Le Champ d’Asile est consacré; Élevez-vous, cité nouvelle!
Soyez-nous un port assuré Contre la fortune infidèle.
Peut-être aussi des plus hauts faits Nos fils, vous racontant l'histoire Vous diront: Nous sommes Français; Prenez pitié de notre gloire.