LE VENTRU
Ara : faut d* la vertu.
Autour do pot c'est trop tourner.
Messieurs 1 l'on m’attend pour dîner.
Électeurs, j’ai, sans nul mystère.
Fait de bons dîners l'an passé :
On met la table au ministère , Renommez-moi , je suis pressé.
Autour du pot, etc.
Préfets, que tout nous réussisse:
Et du moins vous conserverez.
Si l'on vous traduit en justice,
Le droit de choisir les jurés.
Autour du pot, etc.
Maire», soignez bien mes affaires;
Vous courez aussi des dangers.
Si les villes nommaient leurs maires, Moins de loups deviendraient bergers.
Autour du pot, etc.
Dévots, j*ai la foi la plus forte;
A Dieu je dis chaque matin :
Faites qu’à cent ccus l’on porte La patente d’ignoranliu.
Autour du pot, etc.
Ultras, c’est moi qu’il faut qu*on nomme Faisons la paix, preux chevaliers ; N’oubliez pas que je suis homme A manger à deux râteliers.
Autour du pot, etc.
Libéraux, dans vos doléances.
Pourquoi donc vous en prendre à moi , Quand le creuset des ordonnances Peut faire évaporer la loi?
Autour du pot, etc.
Les emplois étant ma ressource.
Aux impôts dois'je m’opposer?
Par honneur je remplis la bourse Où par devoir j’aime à puiser.
Autour du pot, etc.
On craindrait l'équité farouche D'un tas d’orateurs éclatants ;
Moi, dèi qne j*ou?rirâi la boucLe Les mioiatres seroot cooteuU.
Autour du pot c’est trop tourner, Messieurs! l’on m’atteud pour dîner.
LES CARTES oo L’HOROSCOPE.
Au de la petite Gouvernante.
Tandis qu’en faisant sa prière,
Au coin du feu maman s’endort.
Peu faite pour être ouvrière ,
Dans les cartes cherchons mon sort.
Maman dirait : Craignez les bagatelles!
Le diable est fin. Tremblez, Suzonl Mais j’ai seize ans : les cartes seront belles.') Les cartes ont toujours raison ,
Toujours raison , toujours raison. J
Amour, enfant ou mariage.
Sachons ce qui m’attend ici.
J’ai certain amant qui voyage:
Valet de cœur? Bon! le voici.
Pour une veuve, aux pleurs il me condamne.
L’ingrat l’épouse, ô trahison I J’entre au couvent; mon confesseur se damne. Les cartes, etc.
Au parloir, témoin de mes larmes.
Le roi de carreau vient souvent :
C’est un prince épris de mes charmes i
Il m’enlève dé rtion courent.
Par dea cadcaui aon altesse m’entraîne Jusqu’à sa petite maison.
La nuit survieni , et je suis presque reine.
Les cartes . etc.
Je suis le prince à la campagne »
On vient lui parler contre moi.
En secret un brun m’accompagne :
Tout se découtr* : adieu mon roi !
Un ùp perdu . j’en vois arriver di^uze i
J’enflamme un campagnard grisôVr-»^
Je suis cruelle , et celui-là na’épouse.
Les cartes etc. ^
En mé<M^ d’une semaine »
Dans un char je brille à Paris.
G’est le rot de trèfle qui mène ?
Mon mari grondes et je m’en ris :
Dieu I l’Amour fuit à l’aspect d’une vieille!
En ai-je passé la saison ?
Eh! non vraiment, c’est maman quia’éveille.
Les cartes ont toûjours raison ,
Toujours raison , toujours raison.
♦■s9isi9>ia9tsee#seSein»>ssi'ie*******^*^^^^^^
LA NATORE.
Ail i Ah I que de chagrin» dan» la vie, (LanUra.')
Combien la nature est féconde En {daisirs ainsi qu’en douleurs ?
De noirs fléaux comrrent le inonde De débris, de sang et de pleurs, (éis.) Mais à ses’piods la beauté nous attire;
Mais des raisins le ■nectar est toulé.
Coules, bons fins; femmes, daignes sourire Et l’unif ers est consolé.
Chaque pays eut son déluge.
Hélas! peut-être , jour et nuft.
Une arche est encor le refuge De mortels que l'onde poursuit.
Sitôt qu'Iris brille sur leur nafire ,
■ Et que fers eux la colombe a Tolé ,
Coulez, etc.
Quel autre champ de funéraillesl L’Etna s'agite, et, furieux,
Semble, du fond de ses entrailles.
Vomir l'enfer contre les cieux.
Mais pour renaître enfin sa rage expire :
Il se rassoit sur le monde ébranlé.
Coules , etc.
Dieu ! que de souffrances noufeUes!
1/afTrcuz rautour de l'Orient ,
La peste a déployé ses ailes
Sur l'bomme, qui tombe en fuyant.
Le ciel s’apaise et la pitié respire.
On tend la main au malade exilé*
Coulez , etc.
Mars enfin comble nos misères:
Des rois nous payons les défia*
Humide encor du sang des pèreSi La terre boit le sang des fils.
Mais l'homme aussi se lasse de détruire ,
Et la nature à son coeur a parlé. •
Coulez , etc.
Ah! loin d'accuser la nature,
Du printemps chaulons le retour:
Des roses de sa chevelure Parfumons la joie et l’amour, lilalgré l’horreur que l'esclavage Inspire,
Sur les débris d’un empire écroulé.
Coulez, hoiis vinsj femmes, daignez sourire ;
Et runivers est consolé.