‹ Chansons de BérangerChapitre 175 sur 307 · LES SCIENCES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES

Fatigué des clartés coufuses Qui m'oDt égaré bien sourent.

J’allais bannir amours et muses;

J’allais Touloir être savant.

Mais quoil pour une âme incertaine La science est d’un vain secours.

Gardons Lisette et la Fontaine;

Muses t restez; restez, amours.

La nature était mon Armide ;

Dans ses jardins j’errais surpris.

Mais un chimiste moins timide Règne en vainqueur sur leurs débris.

Dans son fourneau rien qu’il ne jette :

Des gaz il poursuit le concours.

Ma fée y perdrait sa baguette ;

Muses, restez; restez, amours.

J’ai regret auz contes de vieille ,

Quand un docteur dii qu’à sa voix Xcs morts lui viennent à l’oreille De la- vie expliquer les lois.

De la lampe il voit la matière ,

Les ressort» , le fond, les contours;

Je n’en veux Toir que la lumière.

Museï, restes; restes, amours.

Enfin aux calculs qu’on entasse Si les deux n’obéissaient pas I Plus d’une erreur passe et repasse Entre les branches d’un compas, ün siècle a chaiipé la physique \

Nos temps sont féconds en retours.'

Je crains que le soleil n’abdique :

Muses, restes; restez, amours,

Enîrrons-nous de poésie ,

Nos cœurs n'en aimeront que mieux ;

Elle est un reste d’ambroisie Qu’aux mortels ont laissé les dieux.

Quel est sur moi le froid qui tombe ?

C’est le froid du soir de mes jours.

Promettez un réve à ma tombe.

Muses, restez; restez, amours.

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