‹ Chansons de BérangerChapitre 177 sur 307 · LE MALADE · texte numérisé non relu

LE MALADE

( AvaiL 1823. )

Aix : Mute det boit , etc ,

Un mal cuisant déchire ma poitrine ,

Ha faible voix s’éteint dans les douleurs;

Et tout renaît , et déjà l’aubépine A vu l’abeille accourir à ses fleurs.

Dieu d’un sourire a béni la nature ;

Dans leur splendeur les cîeux vont éclater. Reviens, ma voix , faible , mais douce et pure, 11 est encor de beaux jours à chanter

Mon Eseulape* a renversé mon verre; Plus de gaîté I mon front se rembrunit.

* Le célèbre docteur Dubois , à qui l’auteur de m chansons ne peut témoigner trop de reconnaissance, et en qui les qualités du cœur égalent la science <* Pétonnante habileté.

Maia tient l’Amour et le mois qu*il préfère; Déjà l’oiseau butine pour son nid.

Des voluptés le torrent ta s'épandre Sur l’uniters qui semblait végéter.

Aetiens ma vois, faible, mais toujours tendre. Il est encor des plaisirs à cbanter.

Pour mon pays que de chansons encore !

D’un Iftche oubli vengeons les trois couleurs*. De nouveaux noms la France se décore;

A l’aigle éteiut nous redevons des pleura.

Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l’osent affronter!

Reviens, ma voix, Aiible, mais courageuse.

Il est encor des gloires à chanter.

Puis j’entrevois la Liberté bannie;

Elle revient: despotes, à genouxl Pour l’étouffer, en vain la Tyrannie Fait signe au Nord de déborder sur nous. L’ours effrayé regagne sa tanière ,

Loin du soleil qu’il voulaitdisputcr.

Reviens, ma voix, faible , mais libre et 6ère,

Il est encore un triomphe à chanten

Que dis'je? bêlas ! oui , la terre s’éveille ,

Belle et parée, au souffle du printemps,

* A l'époque oû cette chanson fut faite , on avait banni du salon de peinture les tableaux oû M. Horace Vcrnct a si bien représenté les beaux faits d’armes de la révolution. Ou i senti cette année le ridienle d’une pareille mesure.

Mats dans nos cœui'S le courage sommeille; Chargé de fers , chacun se dit : J'attends !

La Grèce èxpire > et l'Europe est tremblante ; • Seuls, nos pleurs seuls osent se rérolter. ReTÎenS) ma toîx, faible, mais consolante »

11 est encor des martyrs à chanter.

»g»o»s»s— s»s»eea»s»ea<»sts»s»s»Q»e»—

Page 1