‹ Chansons de BérangerChapitre 202 sur 307 · MAUDIT PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MAUDIT PRINTEMPS

Am : C*eti à mon maître en l*art de plaire.

Je la voyais de ma fonclre ,

A la sienne tout cet hiver;

Nous nous aimions sans nous connaître; Nos baisers se croisaient dans l'air; Entre ces tilleuls sans feuillage ,

Nous regarder comblait nos jours.

Aux arbres tu rends leur ombrage ; Maudit printemps , reviendras-tu toujours!

Il se perd dans leur voûte obscure.

Cet ange éclatant qui , là-bas, M'apparut , jetant la pâture Aux oiseaux, un jour de frimas :

Ils l'appelaient, et leur manège Devint le signal des amours.

Non, rien d'aussi beau que la neige!

Maudit printemps, revieiidras-lu toujours!

Sans toi , je la verrais encore Lorsqu’elle s'arrache au repos,

Fraiche comme on nous peint l'Aurore Du jour entr'ouvrant les rideaux.

Le soir encor je pourrais dire :

Mon étoile achève son cours;

Elle s'endort, sa lampe expire.

Maudit printemps, reviendras-tu toujours!

C’est Tbiver^que mon cœur implore;

Ah ! je voudrais qu’ou euleiidît Tinter sur la vitre sonore Le grésil léger qui bondit.

Que me fuit tout ton vieil empire.

Tes fleurs, teszépb^'rs, tes longs jours?

Je ne la verrai pins sourire.

Maudit printemps, reviendras-tu toujours I

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