‹ Chansons de BérangerChapitre 215 sur 307 · LE SACRE DE‘ CHARLES LE SIMPLE · texte numérisé non relu

LE SACRE DE‘ CHARLES LE SIMPLE

Air du beau Trlttan (de Beauplan).

Français^, que Reitna a réunis y Criez : Montjoie et Saint-Denis I Ou a refait la sainte ampoule,

Et , comme au temps de nos aïeux ,

Des passereaux lâchés en foule Dans l’église rolent joyeux.

D’un joug brisé ces vains présages'

Font sourire sa majesté.

Le peuple s’écrie : Oiseaux, plus que nous soyez sage ; Gardez bien^ gardez bien votre liberté. (Ws.)

Puiiqu’aux vieux us on rend leurs droits,

Moi , je remonte à Charles trois.

Ce successeur de ('.harlemague De Simple mérita le uoni.

Il avait couru l’Allemagne,

Sans illustrer son vieux pennon.

Pourtant , à son sacre on se presse;

Oiseaux et flatteurs ont chanté.

Le peuple s’écrie : Oiseaux, point de folle allégresse I Gardez bien, gardez bien votre liberté.

Chamarré de vieux oripeaux.

Ce roi , grand asâieur d’impôts.

Marche entouré de ses fidèles.

Qui tous , en des temps moins heureux,

Ont suiri les drapeaux rebelles D’un usurpateur généreux.

Un milliard les met en haleine;

C’est peu pour la fidélité.

Le peuple s’écrie : Oiseaux, nous payons notre chaîne; Gardez bien, gardez bien votre liberté.

Aux pieds de prélats cousus d*or Charles dit son confileor.

On rhabille, on le baise, on l'huile.

Puis, au bruit des hymnes sacrés.

Il met la main sur l'Evangile.

Son confesseur lui dit : •> Jurez :

» Rome , que l’article concerne ,

• Relève d’un serment prélé. ■

Le peuple s’écrie : Oiseaux, voilà comme on gouverne-, Gardez bien, gardez bien votre liberté.

De Charlemagne , en vrai luron.

Dès qu’il a mis le ceinturon ,

Charles s’étend sur la poussière.

Roi crie un soldat, levez-vous!

■ Non , dit l’évêque ; et, par saint Pierre , •Je te couronne : enrichis-nous.

• Ce qui vient de Dieu vient des prêtres.

• Vive la légitimité! »

Le peuple s'écrie ; Oiseaux, notre maître a des maîtres: Gardez bien , gardez bien votre liberté.

Oiseaux , ce roi miraculeux

Va guérir tous les scrofuleux.

Fuyez, vous qui de sou cortège Dissipez seuls l'cniiui nioricl:

Vous pourriez faire un sacrilège En voltigeant sur cet autel.

Des bourreaux sont les sentinelles Que pose ici la piété.

Le peuple s’écrie : Oiseaux, nous envions vos ailes. Gardez bien, gardez bleu voire liberté.

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