‹ Chansons de BérangerChapitre 218 sur 307 · ORAISON FUNÈBRE DE TURLUPIN · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE DE TURLUPIN

Ain : C'e$t ù boire , à boire , à boire ,

C*e$t à boire quHl noue faut.

Il meurt , et la joie expire!

Il meurt, lui qui si souvent Nous a fait mourir do rire A son théâtre en plein vent!

Il nous charmait à toute heure ,

Ahl

Soit en Gilles, soit en Scapin.

Que l’on pleure, pleure, pleure.

Au convoi de Turlupin.

Sans daigner le reconnaiire ,

Notre siècle si profond A. vu Socrate renaître Sous l'habit de ce bouffon.

Pour que son nom lui survive.

Ah!

Prends, Cllo, prends ton calepin Qu'on écrive, écrive , écrive L'histoire de Turlupin. . .

Culot d'une sainie abbesse Et d'un prélat respecté,

Turlupin de sa nol)lcsse Ne tirait point vanité.

Il ne pouvait voir sans rire Ah!

Ses aïeux cités dans Turpin.

Qu'on admire , admire , admire Le bon sens do Turlupin.

D'abord il prit la Bastille ,

Fut soldat , et puis blessé ,

Vint jouer à la Courtille,

Par la misère engraissé.

La gaîté fut sa recette ,

Ah!

Sa poudre de perlimpinpin.

Qu’on achète, achète, achète Le secret de Turlupin.

Doux censeur des grandeurs fausses.

Aux pauvres, ses bons amis.

Digitiz!

En raûslolant ses chau.sscs ,

Il disait, pauTre et mal mis : '

Au Yrai bonheur puisqu’il mène,

Ab !

Le sabot vaut bien l'escarpin.

Que Ion prenne, prenne, prenne Des leçons de Turlupin,

Du roi viens voir la personne.

• Non, répondait-il, non pas.

Olera-l-il sa couronne Quand je mettrai chapeau bas?

Ma foi , s’il faut crier vive i

Ah!

Vive l’anii qui cuit mon pain!

Que 1 on suive , suive , suive L exemple de Turlupin.

• Chante au peuple des dimanches Les vainqueurs pour dix écus.

'Moi, déshonorer mes planches 1 .

Non, dit-il, gloire aux vaincus i ■ En prison suis*nous donc vite.

Ah!

Je vous suis, monsieur de Crispin Qu’on imite, imite, imite Ce beau trait de Turlupin.

— Veux'lu qu’Ignace t'assiste — Non, fi de ces noirs manteaux!

Entre eux et nous il existe Bivalité de tréteaux.

Ton dieu -, Marie- Âlacoque ,

AIiI

N’est pas plus mon dieu que Jupin.

Qu’on invoque, invoque, invoque Le dieu du bon Turlupin.

Jklessieiir^, honorons la cendre Do qui n’eut qu’un seul défaut.

Sa mère était chaude et tendre, Turlupin fut tendre et chaud.

Il eût de la pomme d’Èvc ,

Ahî

Croqué jusqu’au dernier pépin.

Qu’on élève , élève , élève Une tombe à Turlupin.

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