‹ Chansons de BérangerChapitre 269 sur 307 · I.EEnAS · texte numérisé non relu

I.EEnAS

( FâVRIKE 1832. )

Air d'Jngéline, de WUhem, ou du Tnilleur et la T ie.

Quoi 1 morts tous deux! dans cette chambre close Où du charbon pèse encor la vapeur!

Leur vie, hélas! était à peine éclose.

Suicide affreux, Iriste objet de stupeur!

Ils auront dit: Le monde fait naufrage :

"Voyez pâlir pilote et matelots.

Vieux bâtiment usé par tous les flots,

Il s'engloutit: sauvons-nous à la nage.

Et vers le ciel se frayant un chemin ,

Ils sont partis en se donnant la main.

Pauvres enfants! l’éclio murmure encore L'air qui herça votre premier sommeil.

Si quel(jue brume obscurcit votre aurore. Leur disait-on , altendex le soleil.

Ils répondaient: Qu’importe que la sève Monte enrichir les champs où nous passons) Nous n’avons rien : arbres, 6eurs ni moissons £st-ce pour nous que le soleil se lève?

Et vers le ciel, etc.

Pauvres en£intsl calomnier la vie !

C'est par dépit que les vieillards le font.

Est-il de coupe eû votre âme ‘ravie ,

En la vidant, n’ait vu l’amour au fond?

Ils répondaient : C’est le rêve d’un ange. L’amour I en vain notre voix l’a ehanté.

De tout son culte un autel est resté;

Y touebionsmous, l’idole* était de fange.

Et vers le ciel , etc.

Pauvres enfants! niais les plumes venues. Aigles un jour, vous pouviez, loin du nid, bravant la foudre et dépassant les nues,

La gloire en face, atteindre à son zénith.

Ils répondaient : Le laurier devient cendre, Cendre qu’au vent l’envie aifue à jeter;

Et notre vol drtt-il si haut monter ,

Toujours près d’elle il faudra redescendre.

El vers le ciel , etc.

Pauvres enfants ! quelle douleur amère N apaisent pas de saints devoirs remplis ?

Daus la patrie on rclrouTe une mère,

£t 8011 drapeau nous coufre de ses plis.

Ils répondaient: Ce drapeau qu’on escorte Au toit du chef, le protège endormi;

Mais le soldat, teint du sang ennemi ,

Veille et de faim meurt en gardant la porte.

Ët rers le ciel, etc.

Pauvres enfants! de fantômes funèbres Quelque nourrice a peuplé vos esprits.

Mais un Dieu brille à travers nos ténèbres;

Sa voi\ de père a dû calmer vos cris.

Ab ! disaient-ils, suivons ce trait de flamme. N’attendons pas. Dieu , que ton nom puissant. Qu’on jette en l'air comme on nom de passant, Soit, lettre à lettre , elTacé de notre âme.

Et vers le ciel, cto.

Dieu créateur, pardonne à leur démence.

Ils s'étaient faits les échos de leurs sons ,

Ne sachant pas qu’en une chaîne immense,

Non pour nous seuls, mais pour tous, nous naissons. L’humanité manque de saints apôtres Qui leur aient dit: Enfants , suivez sa loi.

Aimer, aimer, c'est être utile a soi;

Se faire aimer, c’est être utile aux autres.

Et vers le ciel se frayant un cliemin ,

Ils saut partis en se donnant la main.

AO

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