‹ Chansons de BérangerChapitre 271 sur 307 · JEAN DE PARIS · texte numérisé non relu

JEAN DE PARIS

Al H : Ceite chaumi'ere4i/i vaut un palais.

Kis et cbante , cbante et ris;

Prends tes gants et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde.

Reviens dans ion Paris;

Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris, (bis.)

Toujours, dit la chronique ancienne,

Jean sur sou grand sabre a sauté ,

Quand, de leur ville, avec la sienne Des sols comparaient la beauté.

Proclamant sur son âme ,

En prose ainsi qu'en vers ,

Les tours de Notre-Dame Contre de Funiverii.

Ris et chante , etc.

S'il franchit la ^ande muraille;

S’il cocuGe un mandariu;

Du pèuplc magot s’il se raille ;

 Paris s’il revient grand train ; L’espoir qui le domine C’est , chez son vieux portier,

De parler de la Chine Âux badauds du quartier.

Bis etcliaute, etc.

Je veux de l’or beaucoup et vite, Dit'il, au Pérou débarquant.

A a’y fixer chacun l'Invite :

Me prend-on pour un trafiquant?

Loin de mes dix maîtresses,

Fi de ce vil métal!

Je préfère aux richesses Paris et l’hôpital.

Ris et chante, etc.

A la guerre gaiment il vole.

Pour ta croix ou pour Saladin ;

Se bat , jure, pille et viole,

Puis à Paris écrit soudain :

«Que ma gloire s’étende »Du Louvre aux boulevards; •Qu’un ramoneur y vende • Mon buste pour six liards. »

Bis et chante, etc.

En Perse, il prétend qu’une reine Lui dit un soir : Je te fais roi.

Soit! répoud'il, mais pour ma peine.

Jusqu’au Pont-Neuf viens avec moi.

Pendant huit jours de fête.

Tout Paris me verra Montrer, couronne en tête,

Mon nez à l’Opéra.

Ris et chante , etc.

Jean de Paris, dans ta chronique.

C’est nous qu’on peint ,~nous francs badauds. Quittons-nous celle ville unique ,

Nous voyageons Paris à dos.

Quel amour incroyable Blaintenant et jadis ,

Pour ces murs dont le diable A fait son paradis I

Ris et chante , chante et ris;

Prends tes gants et cours le monde i Mais, la bourse vide ou ronde,

Reviens dans tou Paris;

Ah! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.

PRÉDICTION DE NOSTRADAMÜS.

pooa l’an dbux mil.

Ata de» Troie couleur»,

Nostradamus, qui vit naître Henri quatre. Grand astrologue , a prédit dans ses vers , Qu’en l’an deux mil , date qu’on peut débattre,

by V •: lu^Ie

De la méduillc on verrait le revers.

Alors, dit'il^ Paris dans l'allégresse,

Au pied du Louvre ouïra cette voix :

• Heureux Français, soulagez ma détresse : «Faites l’aumône (bi$) nu dernier de vos rois. ■

Or, cette voix sera celle d'un liomnie Pauvre, à scrofule, en haillons, sans souliers, Qui, né proscrit, vieux, arrivant de Home, Fera spectacle aux petits écoliers.

Un sénateur crlra : • L’homme à besace!

«Les mendiants sont bannis par nos lois. ■

■ Hélasl monsieur, je suis seul de ma race, «Faites l'aumône au dernier de vos rois. »

■ Es-lu vraiment de la race royale?

— «Oui , répondra cet homme , fier encor.

«J'ai vu dans Borne , alors ville papale ,

• A mon aïeul , couronne et sceptre d*or.

■Il les vendit pour nourrir le courage

■ De faux agents, d’écrivains maladroits.

■ Moi , j'ai pour sceptre un bâton de voyage. •Faites l’aumône au dernier de vos rois.

■ Mon père âgé, mort en prison pour dettes ,

■ D’un bon métier n’osa point me pourvoir.

■Je tends la main; riches , partout vous étés •Bien durs au pauvre, et Dieu me l’a fait voir

■ Je foule enfin cette plage féconde ■Qui repoussa mes aïeux tant de fois.

■ Ab! par pitié pour les grandeurs du monde, ■Faites l’aumône au dernier de vos rois. ■

Le sénateur dira : « Viens; je t'emmène ■ Dans mon palais; ris heureux parmi nous. «Contre les rois nous n'avons plus de haine : «Ce qu’il en reste embrasse nos genoux.

«En attendant que le sénat décide «A ses bienfaits si ton sort a des droits*

«Moi, qui suis né d’un vieux sang réginide, «Je fais l'aumône au dernier de nos rois. »

Nostradainus ajoute en son vieux style :

La république au prince accordera Ont louis de rente, et, citoyen utile ,

Pour maire, un jour, Saint-Cloud le choisira. Sur l’an deux mil on dira dans l'Instoire, Qu’assise au trône et des arts et des lois ,

La France en paix, reposant sous sa gloire ,

 fait l'aumône au dernier de ses rois.

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