‹ Chansons de BérangerChapitre 273 sur 307 · LES QUATRE AGES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

LES QUATRE AGES HISTORIQUES

Am : A ioixante ans , il ne fout pas remettre.

Société , TÎeux et sombre édifice.

Ta chute, Iiélas! menace nos abris :

Tu vas crouler : point de flambeau qui puisse Guider la foule à travers tes débris !

Où courons-nous? quel sage en proie au doute N*a sur son front vingt fois passé la main?

C'est aux soleils d’être sûrs de leur route :

Dieu leur a dit : Voilà votre chemin.

Mais le passé nous dévoile un mystère.

Au bonheur, oui, l’homme a droit d’aspirer: Par ses labeurs plus il étend la terre ,

Plus son cerveau grandit pour l’enserrer.

En nation il vogue, nef immense,

Semer, bâtir aux rivages du temps.

Où l'une échoue, une autre recommence.

Dieu nous a dit : Peuples , je vous attends.

Au premier âge , âge de la famille ,

L’homme eut pour lois ses grossiers appétits. Groupes épars, sous des toits de charmille , Mâle et femelle abritaient leurs petits.

Ligués bientôt, les fils, tribu croissante ,

Ont, dans un camp, bravé tigres et loups.

C’est au berceau la cité vagissante :

Dieu dit : Mortels, j’aurai pitié de vous.

Au second ftge on chante la patrie ,

Arbre fécond, niait' q'uî croît dans le' sang. Tout peuple armé semble avoir sa furie *

Qui foule auSc pieds le vaincn gémissant.

A l'esclavage , eh quoi ! l'on s'accoutume !

Il corrompt tout; les tyrans se font dieux.

Mais dans le ciel une lampe s'allume;

Dieu dit alors : Humains, levex les yeux.

L’âge suivant, sur tant de mœurs contraires. Religieux , élève un seul autel.

Sois libre, esclave. Hommes, vous êtes frères. Comme ses rois le pauvre est immortel.

Sciences, lois, arts, commerce, industrie, Tout naît pour tous : les flots sont maîtrisés; La presse abat les ihurs de l'a' patrie ,

El Dieu nous dit : Peuples , fraternisez.

Humanité, régne! voici ton âge Que nie en vain la voix des vieux échos.

Déjà les vents au bord le plus sauvage De ta pensée ont semé quelques mots.

Paix au' travail! paix au sol qu'il féconde !

Que par l'amour les hommes soient unis;

Plus près des cieux qu’ils replacent le monde; Que Dieu nous dise : Enfants , je voüs bénis.

Du genre humain sàinons la famille f Mais, qu’ai'je dit? pourquoi ce chant d’amour? Aux feux des campa le glaive encOr scintille; • Dans l’ombre à peine on Voit poindre le jour. Des nations aujourd’hui la première.

DkJiîiz:”*

France t ourre-leurun plu« large destin.

Pour érciller le monde à ta lumière ^

Dieu t'a dit : jBrille , étoile du matin.

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