‹ Chansons de BérangerChapitre 28 sur 307 · MADAME GRÉGOIRE · texte numérisé non relu

MADAME GRÉGOIRE

Âiii : C*«$t U groa Thomas,

C'était de mon temps Que brillait madame Grégoire.

J’allais, à vingt ans ,

Dans son cabaret rire et boire |

Elle attirait les gens Par des airs engageans.

Plus d'un brun i large poitrine Avait là crédit sur sa mine.

Ah ! comme on entrait Boire à son cabaret I

D'un certain époui Bien qu’elle pleurât la mémoire, ^

Personne de nous * ^

N'avait connu défunt Grégoire)

Mais à le remplacer Qui n’eût voulu penser?

Heureux l’écot où la commére Apportait sa pinte et son verre I Ab I comme on entrait j etc.

Je crois voir encor Son gros rire aller jusqu’aux larmes.

Et sous sa croix d'or L'ampleur de ses pudiques charmes.

Sur tout ses agrémens

Consullcz >e> aniani :

Au roniplnir la sensible brune I.eur rendait deux pièces pour une.

Ah! comme on enlraity etc.

Des buxeurs grivois Les femmes lui cherchaient querelle;

Que j'ai TU de fois Des galans se battre pour eilel La garde et les amoprs Se chamaill.aut toujours «

Elle, en femme des plus capables ^ Dans son lit cachait lea coupables.

Abl comme an entrait» etc.

Quand ce fut mon tour D’être en tout le maître chex elle ,

C’était chaque jour Pour mes amis fête nouvelle.

Je ne suis point jaloux :

Nous nous arrangions tous.

L’hôtesse , poussant à la vente ,

Nous livrait jusqu’à la servante.

Abl comme on entrait, etc.

Tout est bien changé !

N’ayant plus rien à niettre en perce ,

Elle a pris congé Et des plaisirs et du commerce.

Que je regrette, hélas!

Sa cave et ses appasi Long'temps encor chaque pratique

S'*écrira devant sa boutique :

Ah I comme on entrait Boire à son cabaret!

' ♦eM»» e<»»»»e»e»»ê»»»»e«ei<»aeoea#B»B»eea

L’AGE EUTÜR,

ou

CE QDl SEIOBT HOS EHrAaS.

Air : AtUi-voiu-en , gen$ de la noce»

Je le dis sans blesser personne ,

Notre âge ii'est point Tage d’or;

Mais nos fils, qu’un me le pardonne «

Vaudront bien moins que nous encor.

Pour peupler la maebinu ronde.

Qu’on est fou de mettre du sien I

Abl pour un rien , I

Oui , pour un rien , I

Nous laisserions finir le monde, |

Si nos femmes le .voulaient bien. '

Eu joyeux gourmands que nous sotiiuies Nous savons chanter un repas;

Mais nos fils, pesans gastronomes, !

Boiront et ne chanteront pas.

D’un sot à face rubiconde i

Ils feront un épicurien.

Ah! pour un rien, etc. j

Grâce aux beaux esprits de notre âge ,

L’ennui nous gagne assex souvent;

Mais deux initiluts, je le gaf^e , Lutteront dans l’âge suiTant.

De se recruter à la ronde Tous deux trouxeront le moyen.

Âhl pour un rien, etc.

Nous aimons bien un peu la guerre, Mais sans redouter le repos.

Nos fils, ne se reposant guère , Batailleront à tout propos :

Seul prix d’une ardeur furibonde,

Un laurier sera tout leur bien.

Ah ! pour un rien , etc.

Nous sommes peu galans, sans doutet Mais nos fils, d’excès en excès, Kgarant l’Amour sur la route,

Ne lui parleront plus français;

Us traduiront , Dieu les confonde !

L’/frI d’aimtT eu italien.

Abl pour un rien, etc.

Aiusi , malgré tous nos sophistes , (’.hex nos descendaiis on aura Pour grands hommes des journalistes, Pour amusement l’Opéra;

Pas une xierge pudibonde ,

Pas même un aimable Taurien !

. Ah ! pour un rien , etc.

De (leurs, amis, ceignant nos tètes, Vainement nous formons des xceux Pour que notre culte et nos fêtes

Soient en honneur chez no» ncreux; Ce chapitre <]ue Momu» fonde,

Chez eux manquera de doyen.

Ah I pour un rien ,

Oui , pour un rien,

Nous lai»»erion» finir le inonde,

Si nos femme» le Toulaient bien.

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