‹ Chansons de BérangerChapitre 283 sur 307 · GLAIRE · texte numérisé non relu

GLAIRE

Air ;

Quelle est cette fille qui passe D’un pied léger, d'un air riant ?

Dans son sourire que de grâce.

De bonté dans son oeil brillant I ~ Elle est modiste, et désespère Ses compagnes par sa fraîcheur; Sa beauté fait l'orgueil d'uu père; C'est la fille du fossoyeur.

Claire habite le cimetière.

Ce qu'au soleil on voit briller, C'est sa fenêtre, et sa volière, Qu'ou entend d'ici gazouiller.

Là-bas, voltige sur les tombes Un couple éclatant de blancheur;

 qui ces deux blanches colombes?

A la fille du fossoyeur.

Le soir, près du mur que domine Son toit, où la vigne n grimpé,

Par les sons d’une voix divine De surprise on reste frappé.

Chant d’amour ou chant d’allégresse Vous retient joyeux ou rêveur.

Quelle est, dit-on, l’enchanteresse?

C’est la fille du fossoyeur.

On l’entend rire dès l’aurore Sous les lilas de ce bosquet.

Où les fleurs humides encore A sa main s’otTrent par bouquet.

Là, que les plantes croissent belles I Que les myrtes ont de vigueur I Là, toujours des roses nouvelles Pour la fille du fossoyeur.

Sous son toit, demain grande fête ; Son père va la marier.

Elle épouse, et la noce est prête, ün jeune et beau ménétrier.

Demain, sous la gaze et la sole, Comme en dansant battra son cœuri Dieu donne enfants, travail et joie A la fille du fossoyeur!

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