SALUT AU CANADA
Poésie dite par l’auteur lors de sa première audition à Montréal, au Monument National.
Terre du Canada, salut! Vers toi je viens Ayant, pour quelques mois, délaissé tous les miens Et pour le Saint-Laurent, abandonné la Rance, Afin de “bonjourer” tes Français-Canadiens
Au nom des Canadiens de France!
Terre du Canada! toi dont j'ai si souvent
Rêvé, les soirs d'automne, accoudé sur l’avant
De mon petit bateau bercé par l’Atlantique,
En écoutant monter la chanson du grand vent Venu des côtes d'Amérique ;
Terre des grands guerriers aux noms toujours bénis;
Frontenac et Cliamplain, Dollard, Montcalm, Lévis,
Si doux aux jours de gloire et si fiers dans l’ér-euve;
Terre des grands chrétiens: des Brébœuf, des ssis, Des Laval et des Maisonneuve;
Terre du Canada! Pays mystérieux
Dont nous parlaient, au coin de l’âtre, nos aïeux ;
Terre du Canada si lointaine et si grande,
Que, tout à coup, je vois apparaître à mes yeux Comme une terre de Légende ;
Terre du Canada! toi que je foule enfin,
Dont je puis aspirer, à pleins poumons, l'air sain, Je sens, à.t’aborder, mon cœur dilaté battre . Comme battait celui de Cartier-le-Malouin
En Juin quinze cent trente et quatre!. ..,
Il s'en venait avec deux petits bâtiments Et soixante marins, tous Bretons ou Normands, ui, pour le suivre, avaient quitté leurs tristes femmes, mportant le meilleur -de tous les talismans : La Foi qui cuirasse les âmes!
... Il avait déserté le doux pays d'Arvor
Et, sous l’albe bannière aux trois fleurs de lis d'or,
Il s'en venait vers toi, toujours, terre enchantée,
Attiré par ton charme, ainsi que par le Nord L’aiguille à la pointe aimantée.
Ils vont, ils vont toujours, les fiers aventuriers, Roulant, tanguant, scrutant, du sommet des huniers L’horizon qui toujours recule... et les attire, Et sans savoir s'ils vont conquérir des lauriers,
Ou bien les palmes du martyre!
Mais, un jour, la vigie. en tremblant de bonheur
A crié: “Terre!” et l’on accoste, Avec ferveur
Vers le sol inconnu Cartier s'incline et prie,
.Puis y plante la Croix de son divin Sauveur, Près du Drapeau de sa Patrie!
Au pied de cette Croix, au nom de ce Drapeau (Teint de sang depuis lors il n’en est que plus beau: qe on aime la Sainte on chérit sa bannière ), anadiens, pour Cartier je vous tends mon chapeau Pour qu’on en fasse une aumônière.
Car ce Héros, chez nous, semble mort tout entier, Sur nul socle il ne dresse encor son front altier : Son monument, chez vous, il faut que je le gagne La Bretagne, jadis, vous a donné Cartier:
Rendez Cartier à la Bretagne!
Fils des Bretons, fils des Normands qui sur le flot Suivirent autrefois ce hardi matelot, O Canadiens-Français, nos cousins et nos frères, Aidez-nous à fêter ce gâs de Saint-Malo
Qui fut l'ami de vos grands-pères !
Joignez-vous aux Malouins têtus qui font ce vœu
D'arracher à l'oubli des temps ce demi-dieu,
En dressant son irhage au bord de la Mer grande,
Au sommet du rempart en granit rose et bleu Qu'on a baptisé “la Hollande ;”
Et aous l'y camperons dès l’an prochain — oui-da —
Face à l’immensité que son regard sonda,
Debout, prêt à livrer au vent ses blanches voiles
Pour nous redécouvrir un nouveau Canada, Läà-haut... derrière les étoiles !