‹ Chansons de Botrel pour l'école et le foyer [microforme]Chapitre 44 sur 62 · MA PATRIE · texte numérisé non relu

MA PATRIE

Me voyant marcher de l'avant,

Des gens sont venus, quatre à quatre, Me dire: “On te voit trop souvent Contre des montagnes te battre ! ” —Et moi j'ai répondu: “ Voilà Pourquoi je charge avec furie :

Derrière ces montagnes-là

Est prisonnière ma Patrie | ”

D’autres m'ont dit: “ Ferme les yeux!

on existence sera belle :

Fortune, honneurs à qui mieux mieux ers toi viendront en ribambelle ! ”

—J'ai répondu: “ Gardez pour vous

Les bravos de la galerie...

Moi, j'estime quil est plus doux

De ne songer qu’à la Patrie!”

On m'a dit: “ On sent dans tes vers La pitié des nobles détresses ; N'as-tu pas pour tout l'univers Mèêmes bontés, mêmes tendresses ?

—Âlors j'ai dit: “En vérité, Ai-je l'air d’avoir l'âme aigrie ?

J'aime, certes, l'Humanité...

ais j’aime, d’abord, ma Patrie! ”

Des poètes m'ont dit: “ Jamais

Près de nous ne prendras-tu place ?

Viens donc rêver sur nos sommets :

Ne vois-tu donc plus le Parnasse ? ”

—J'ai répondu: “ Bien au-dessus Je vois le Calvaire où, meurtrie, Ainsi qu'on a cloué Jésus

On voudrait clouer ma Patrie! ”

Et puis d’aucuns m'ont dit, enfin:

“Es-tu Blanc ou Bleu? Rouge ou Rose?

Quel est ton cri: “ Vive Machin !

Ou “ Vive Un tel! ” ou “ Vive Chose ! Pie —Et j'ai dit gaîment, à chacun :

“Ecoutez-moi : lorsque je crie,

Ce n’est jamais: “Vive Quelqu’un !” C'est toujours: “ Vive la Patriel1]

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