‹ Chansons de Botrel pour l'école et le foyer [microforme]Chapitre 46 sur 62 · Livre, pour le Rachat d’un Monde, Salvatrice ou le Sauveur · texte numérisé non relu

Livre, pour le Rachat d’un Monde, Salvatrice ou le Sauveur

Du Seigneur il est le complice

Celui qui pour le Sacrifice

Pousse l’agneau vers le boucher :

Rouen! Sois absoute et sois fière,

Car la France éncore s’éclaire

À la lueur de ton Büûcher!

. Et, depuis lors, le Cœur immortel de la Vierge

Puis remonte le Fleuve et vient battre la berge Dès qu’un nouveau malheur te menace, à Rouen!

Aux jours de Deuils, aux jours de Fêtes Dans les Triomphes, les Défaites, Jeanne, toujours notre regard Te cherche, implore ta venue, Espérant soudain sur la nue

Voir planer ton fier Etendard!

Ah! que de fois notre Patrie,

Le cœur brisé, l’âme meurtrie, S'en vint jusqu'ici te chercher!

Que de fois la France blessée Réchauffa son âme glacée

A la chaleur de ton Bucher!

Tandis que tout décline et tombe Ton Astre, 6 divine Colombe!

Monte et grandit à l'horizon,

Non plus, certes, comme naguère, Au rythme d’un hymne de guerre, Mais au doux bruit d’une oraison.…

...Et le cœur de ta “Douce France” Expirait-il de souffrance, Qu'il suffirait de Qi ss

Du Tien qui de la Mort fut maître, Pour le voir frémir et renaître Dans les cendres de ton Bücher!

L'HORLUGE DE GRAaND'MERE

C'est une Horloge en châtaignier,

Au long coffre à la mode antique,

on dut longuement travailler uelque Michel-Ange rustique

sine PE Ji Reese

ee me LL ès REZ 5 et

Au bas, le sonneur de biniou

Fait face au sonneur de bombarde, Durant qu'au fronton un hibou

De ses grands yeux ronds vous regarde.

LE

Oh! combien cela me charmait, Quand j'étais tout petit, de suivre La mort des Heures, que rythmait L'énorme balancier de cuivre ;

Car vraiment, lorsque près d’un seuil, On contemple une Horloge-close, Elle a tout l'air d’un long cercueil Où le Temps, qui n’est plus, repose!

La première Heure que chanta L'Horloge de sa Voix profonde Fut celle où grand'maman jeta Son premier cri dans ce bas-monde,

Lt ce tut ce Dong! éclatant

De demi-heure en demi-heure Qui régla, dès lors, chaque instant De ta Vie, à Toi que je pleure!

Dong! Dong! elle sonnait ainsi

Et l’Heure grave et l’Heure folle, L’Heure des jeux et l’Heure aussi Où l'enfant partait pour l'école; ‘

Dong! Dong! le moment du Réveil, Puis l’Heure où l’on se met à table; Dong! Dong! le moment du Sommeil Quand passe le Jeteur de sable;

Dong! Dong! l’heure où, pour le Saint-Lieu, On part, en bande, le Dimanche F

L’Heure où, pour recevoir son Dieu,

Plus tard, on met sa robe blanche ;

Dong! Dong! la prime-aube du jour à l’on va travailler la Terre,

Et puis l’Heure où gémit d'amour

Le cœur las d’être solitaire!

Dong! Dong! les instants si joyeux Où ‘es petits gâs apparaissent ; L'Heure digne où s’en vont les vieux Pour faire place à ceux qui naissent |

...Et la Femme en âge avançait, Devenait Maman, puis Grand’Mère.…. .

Et l’Horloge aussi vieillissait

À tant sonner l’Heure éphémère ;

Et Grand’ Maman allait, venait Chaque jour de plus en plus frêle...

Et l’Horloge sonnait, sonnait,

D'une voix de plus en plus grêle...

Quand de Grand’Maman la raison Sembla, pour toujours, endormie, L’Horioge à travers la maison, Sonna l’heure pour la demie ;

Et Grand'Maman, dans son lit-clos, Agonisa, puis se tint coîte...

Et ce furent de longs sanglots

Que pleura l’Horloge en sa boîte;

Enfin, dans.le lit, un soupir...

Et le grand balancier de cuivre

S'arrêta d’aller et venir

Quand Grand'Maman cessa de vivre...

Et Grand’Mère auprès des “lus Est montée avec allégresse..….

Et l’Horloge ne sonne plus;

Elle est morte aussi de vieillesse,

Morte à jamais! C'est vainement Qu'un grave horloger l’interroge:

C'était le coeur de Grand’'Maman Qui battait dans la vieille Horloge!

Page 1