‹ Chansons de Botrel pour l'école et le foyer [microforme]Chapitre 57 sur 62 · LA BANNIÈRE DE LOIGNY · texte numérisé non relu

LA BANNIÈRE DE LOIGNY

(Patay-Loigny, 2 décembre 1870).

Par les canons décimée

Notre malheureuse armée

Doit reculer ou périr;

Pour assurer la retraite

Sonis vient trouver Charette

Et lui dit: “Il faut mourir!

Garde à vous!!!

Devant la mort je m’incline ; J'ai mon Dieu dans la poitrine Et Dieu ne recule pas!” Charette au nom de ses Zouaves Lui répondit: “ Tous ces braves

Vous suivront jusqu’au trépas!

En avant!!!

“ Sonne, clairon! sonne, son::: !

Là-bas le canon résonne :

Nous allons courir dessus :

Toi, Verthamon, blanche et fière Brandis bien haut la Bannière Du Sacré-Cœur de Jésus! ”

A la baïonnette!!1

Près des soldats d'Italie Marchent les gäs d'Algérie, Les Tourangeaux, les Bretons...

Dans leur troupe qui se rue La Mort, comme une charrue, Creuse de rouges sillons!

S'errez vos rangs!!!

Mais la Bannière chancelle...

Verthamon tombe avec elle,

Se lève et retombe mort;

Au long cri d'adieu qu'il lance,

De Bouillé père s’élance..….

Et l’Etendard flotte encor!

Au drapeau!!!

Ferron, Sonis et Charette Sont frappés... Mais rien n'arrête Ceux-là qui les ont suivis...

Et, tout à coup, la Bannière S'échappant des mains du Père Est reprise par le Fils!...

Au drapeau!!!

Bien qu’écrasés par le nombre, On va prendre le Bois sombre Comme l’on a pris Villours;

Bouillé tombe... Cazenove Prend la Bannière et la sauve:

L'Etendard flotte toujours!

Au drapeau!!!

“Vive Dieu! Vive la France!”

Et sur Loigny l’on s’élance

D'un irrésistible élan...

Les Héros jonchent la plaine :

On n'est plus qu’une centaine

Près de l’Etendard sanglant!

Au drapeau!!!

Morts ou criblés de blessures,

Voici Chevreuse, Troussures,

Du Bourg, Mauduit, Villebois;

Mourant dans une prière,

Voici de La Bégassière,

De Lagrange et Gastebois!

Portez armes!!!

ee

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