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arr je n'étais qu’un petit être,
rêle bambin grand comme ça,
Dans mon petit berceau de hêtre
C’est grand’maman qui me berça.
Bien souvent, la soirée entière,
Elle chantait pour m'endormir:
Ce sont les chansons de grand’mère
Qui chantent dans mon souvenir, Mon souvenir!
Ses bons yeux, couleur de pervenche, Ont un clair regard si profond Que lorsque vers eux l’on se penche
n croit voir son cœur... tout au fond Jamais un éclair de colère N'en troubla la sérénité:
Ce sont les bons yeux de grand'mère Qui m'ont appris la Charité,
La Charité!
A la grand’messe, le Dimanche,
Oh! qu’elle était jolie encor
Avec sa grande coiffe blanche,
Son justin noir et sa croix d’or!
Elle aimait dire sa prière
A côté de son petit-fieu :
J'ai tant vu prier ma grand’mère
Que, depuis lors, je crois en Dieu, Je crois en Dieu!
Mais, l’'Heure ingrate étant venue, Un soir d'Avril, je la quittai; Depuis, je ne l’ai pas revue...
Oh! j'irai la voir... cet Eté!
Mais, en entrant dans sa chaumière, Quels remords pour moi, quels sanglots, Si je ne trouvais plus grand’mère M'espérant près de son lit-clos,
Son vieux lit-clos!
Mais, son cœur me restant fidèle Dans la Mort comme au temps jadis,.
Je suis bien certain que, près d'elle, J'aurai ma place au Paradis
Où, l’Eternité tout entière, Contre son vieux cœur, dans ses bras, Ma très sainte et douce grand’mère Pourra bercer son petit-gâs,
Son petit-gâs!
AU PARSON ct
Musique de YANN NIBOR
J'ai vou . lu re-voir Île
ha - bi-tions au Par . son :Cèst a.
Pour finir : É
C’est à la gauche du chemin Qu traverse l’Ile-et-Vilaine, C’est à la gauche du chemin Qui mène au pays de Saint-Méen; Je l’ai quitté voilà longtemps, Mais je l’ai reconnu sans peine, Je l’ai quitté voilà longtemps,
Ce doux pays de mon printemps!
J'ai sauté, tout comme autrefois, Sauté pour enjamber la douve, J'ai sauté, tout comme autrefois, Par-dessus l’échalier de bois; J'ai reconnu le vieux courtil Comme un vieil ami qu’on retrouve, je reconnu le vieux courtil out baigné des rayons d’avril :
Et j'ai bonjouré le jardin F L Et la maison couverte en chaume, ; Et j'ai bonjouré le jardin
Dont vous ririez avec dédain...
Et j'ai fait lentement le tour De mon ancien petit royaume, Et j'ai fait lentement le tour Pleurant sur mon tardif retour:
Car, hélas! je n’ai plus trouvé,
Dans le coin de sa cheminée,
Car, hélas! je n’ai plus trouvé
Celle qui m'avait élevé:
Elle avait fermé ses bons yeux
Deux jours avant mon arrivée,
Elle avait fermé ses bons yeux
Pour ne plus les rouvrir qu'aux Cieux!
Et, tout secoué de sanglots,
J'ai tiré doucement la porte;
Et, tout secoué de sanglots,
Sur le seuil j'ai gravé ces mots:
“C’est ici que gît le meilleur
De ma jeunesse à jamais morte, C’est ici que gît le meilleur
Le plus pur lambeau de mon coeur.”
Adieu donc, cher petit Parson!
Adieu, pays de mon enfance!
Adieu ‘done, cher petit Parson!
Vieux, amis et vieille maison |
Votre gâs, demain, s’en ira:
En exil, au pays de France,
Votre gâs, demain, s’en ira:
Seul, Dieu sait quand il reviendra!..,