LA PAIMPOLAISE
Musique de E. FEAUTRIER
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La Paimpolaise
(Chanson des Pêcheurs d'Islande)
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Quittant ses genèts et sa lande, Quand le Breton se fait marin, En allant aux pèches d'Islande Voici quel est le doux refrain Que le pauvre gâs Fredonne tout bas :
« J'aime Paimpol et sa falaise, «« Son Eglise et son grand Pardon ; «Jaime surtout la Paimpolaise « Qui m'attend au pays breton ! »
nu
Quand:leurs bateaux quittent nos rives,
Le‘curé leur dit : « Mes bons feux,
« Priez souvent Monsieur Saint Yves
« Quinous voit, des cieux toujours bleus ». Et le pauvre gâs | Fredonne tout bas :
« Le ciel est moins bleu, n’en déplaise
« A Saint Yvon, notre Patron,
« Que les veux de la Paimpolaise
« Qui m'atuicnd au pays breton ! »
[II
Guidé par la petite Etoile, Le vieux patron, -d’un air très fin,
Dit souvent que sa blanche voile Semble l'aile d'un Séraphin.
Et le pauvre gâs
Fredonne tout bas :
« Ta voiture, mon vieux Jean-Blaise, « Est moins blanche au mât d'artimon, « Que la coiffe à la Paimpolaise « Qui m'attend au pays breton. »
Le brave Islandais, sans murmure, Jette la ligne et le harpon ; ” Puis, dans un relent de saumure, Il se couche dans l’entrepont…
Et le pauvre gâs
Soupire tout bas :
« Je serions ben mieux à mon aise, « Devant un joli feu d’ajonc, « A côté de la Paimpolaise « Qui m'attend au pays breton!
Mais, souvent, l'Océan qu'il dompte Se réveille, lâche et cruel; Et lorsque, le soir, on se compte, Bien des noms manquent à l'appel.
Et le pauvre gâs
Fredonne tout bas :
« Pour combattre la ftotte anglaise « Comme il faut plus d’un moussaillon, « J'en caus’rons à ma Paimpolaise « En rentrant au pays breton! »
* L'engin dont se servent les pêcheurs d'Islande pour saisit la morue à sa sortie de l'eau porte le nom de ‘* gaffion ”, nomun peu barbare pour être mis dans une romance d'amour Quant au ‘‘ harpon ‘’ proprement dit, les Islandais en ont toujours à bord et s'en servent pour les ‘‘ marsouins ”’
Puis, quand la vague le désigne, L'appelant de sa grosse voix, Le brave Islandais se résigne En faisant un signe de croix...
Et le pauvre gâs, Quand vient le trépas, Serrant la médaille qu’il baise, Glisse dans l'Océan sans fond | En songeant à la Paimpolaise... | Qui l'attend au pays breton !... |
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A Adolphe BRISSON
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Jobic le Philosophe
— Durant qu'aux pays inconnus Tu voguais à ta guise,
Ben des tracas te sont venus Qu'il faut que je te dise.
— Espère un peu, je veux d’abord Avaler une « goutte » :
Je n’en avais plus à mon bord...
Parle à présent, mon gâs, j'écoute |
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— D'abord, la maison de tes vieux, Une nuit de tempête,
S’est tout-à-coup fendue en deux Des pieds jusqu'à la tête.
— Je suis content de la savoir Détruite par la houle,
Car j'aurais pu la recevoir
Moi-même, un soir, dessus la goule
[IT — Puis, ton pauvre père enterré, Le Maire du Village, En quelques jours a dévoré Toutton maigre héritage...
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— Je suis ravi que mon argent Aït pu le satisfaire :
Moi qui fus toujours indigent !
Je n'aurais su, vraiment, qu’en faire!
— Ca n’est point tout : le grand Louis Toû cousin, cet infâme!
A pris la route de Paris En emmenant ta femme !
— [l a ben fait de s’ensauver Avec ma ménagère :
M'a-t-elle assez fait endêver
Depuis dix ans cette mégère !
— Le plus triste est que ce Judas N'a pris que sa cousine :
Ils ont laissé deux petits gas Pour toi, chez la voisine !.…
— Va me quérir ces guenillons!
Mon âme est satisfaite :
Moi qui voulais deux moussaillons…
J'aime à trouver besogne faite !
Qu'ai-je besoin d’une maison :
Dans mon batiau je couche!
Qu'’ai-je besoin de la Lison :
Je dors comme une souche !
Qu'’ai-je besoin de quelques sous Lorsque la pêche donne ?
Buvons, chantons, résignons-nous :
Tout compte fait, la Vie est bonne!
du. Bossu