‹ Chansons de chez nousChapitre 48 sur 54 · LA LÉGENDE DU ROUET · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DU ROUET

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La Légende du Rouet

Musique de THéopore BOTREL

-lait sa quenouil.lee__ Nousa dit: “Mes chersen.

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vos premiers ha. bits: Jai fi. le les che mi-

-set-tes Detous-les gàs du-pa-ys! Ma joue

Au moment de la veillée,

Une vieille de cent ans,

Qui filait sa quenouillée.

Nous a dit: « Mes chers enfants,

« Tout grands garçons que vous êtes, « J'ai fait vos premiers habits:

« J'ai filé les chemisettes

« De tous les gâs du pays

[] « Ma joue, autrefois rosée, « Sous la chandelle a pâli « Pour que la jeune Epousée « Ait des draps fins dans son lit; « Sans aller dans les églises, « Chez moi je priais tout bas « Tout en filant des chemises « Pour ceux qui n’en avaient pas.

« Si je filai les dimanches, « Dieu n’en sera point fâché, « Car j'ai fait des nappes blanches « Pour la Cure et l'Evêché...

« .… Mais, comme à la Mort je glisse, « Que bientôt l’Ankou* viendra, « Pour que l’on m'’ensevelisse

« Je m'en vas filer mon drap!

Or, voilà que, la nuit même,

Le fil de lin se cassa,

Que, lorsque vint le jour blême

La fileuse trépassa…

Celle qui, sa vie entière,

Pour les gueux allait, filant,

Fut couchée au cimetière

Sans un bout de linge blanc!

® L'Ankou est l'ouvrier de la mort ; c'est le dernier défunt de l’année qui, dans chaque paroisse, revient sur terre chercher les trépassés.…

(A. Le Braz, Légende de la Mort en Basse-Bretagne.) (On peut remplacer le mot ‘ Ankou”’ par ‘‘ mon tour "”.)

Le gâs dont la main calleuse

Dans sa boîte la clouaïit,

Sur le cœur de la fileuse

Posa le pauvre rouet.….

Et, depuis, quand la nuit tombe, Un Rouet tourne seul :

C’est la Vieille, dans sa tombe,

— [ngrats ! — qui fait son linceul].…

.,Je sais ce que ton cœur ‘‘ espère ”.

Tu voudrais quitter le Pays.

Tes aînés, Pierre et Jean-Louis,

Sont déjà morts loin de leur père.

O mon Yvon] reste avec moi,

Tu sais que je n’ai plus que toi!

(ZaCharrue).

Musique de Jean VARNEY

moi-tie nu, Lecœur mort et le corps de bi - le! Re.

Enfin ! te voilà revenu

Mon pauvre gâs, de la grand’'ville !

La goule pâle, à moitié nu,

Le cœur mort et le corps débile !... Reprends ta veste et tes sabots, Chante tes chansons de naguère; T'as encor des jours longs et beaux A vivre auprès de ton vieux père :

Notre petit coin est si doux !

Pour vivre heureux, restons chez nous |:

IT

Lorsque tu t'en fus, je t'ai dit:

« Reste, mon Yvon ! » et la cloche Sonna l’Angelus de midi Avec un air de doux reproche ;

Nos pommiers te tendaient leurs bras

Chargés de bouquets blancs et roses.

Mais, alors, tu n’entendais pas La voix des êtres et des choses :

Notre petit coin est si doux Pour vivre heureux, restons chez nous !

278 6 FFI

Tu croyais ben trouver.. là-bas, L'Amour, la Joie et la Fortune Mais le Soleil que tu trouva | N'était qu'un pâle clair de lur Pourquoi, si loin, -aller cherel Le vrai Bonheur qui ne peut Qu’à l'ombre du joli clocher Qui, l’un et l’autre, nous vit

Notre petit coin est si doux:

Pour vivre heureux, restons ©

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