LV
Un jour un mignon de Paris Disoit à sa coauette :
a Et vrayment je suis oien marry,
J'ay gasté ma manchette; J'ay un rabat de point couppé , Que vous verrez après souppé. a
Elle respond en souspirant ,
D'une façon mocqueuse :
« Je cognois à vos beaux discours .
Que vous Usez Nerveze » ; En vérité je vous le dis , Vous sçavez tons vos Amadis. n
1. Cette chanson avoit déjà paru, et sans la moindre variante, dans lesi4/rf du Berger amoureux, oa la troisième partie du Parnasse des chansons à danser et à boire , recherché par les plus braves poètes de ce temps , Paris , Ch. Hulpeau,etc.j 1627, in-i2, p. ^09.
2. Les ouvrages du Poitevin Ant. de Nervèze foisoient alors loi pour le bien dire. Il donnoit même leçon de beau langage ; on lit dans le Commerce de nouvelles rétabli, etc., 1649, in-4 : « Nervèze et des Bscuteaux raffinèrent leur style et commencèrent à parler phœbus. Ils furent les mignons des dames; quelques-unes les portoient, au lieu d'heures, i réglise. S'il se formoit entre elles quelque différens touchant un terme, on s'en rapportoit à Nervèze, et qui l'eût voulu contredire eût été chasse comme un péteux de la compagnie.» Sorel rend aussi témoi^age de l'autorité de Nervèze , comme mattre du bien dire , dans ce passage du Francis , 166), in-8, p. )62 : «Je vous laisse à penser s'il avoit manqué à feuilleter tous les livres d'amour de la France, pour y recueillir de belles fleurs oratoires, et si l'on ne connoissoit pat bien à ses discours qu'il avoit. leu Her~ vèze. »
DE Gaultier Garguille. 99
Entendant ce discours discret,
Rajusta sa rotonde, Et renoua le rubant vert
De sa moustache blonde , Disant : « Vous dites vrai , Cloris , On le dit par tout à Paris. »
Vous avez un terrible esprit ,
Entre vous autres hommes , Car vous parlez tousjours d'amour,
Ainsi que Meliflore; Avecque vostre doux parler, Vous nous venez ensorceler.
Belles qui charmez le destin
Avec vos gands d'Espagne , Puis que l'aurore du matin
Çà4)as nous accompagne.
Et que vos beaux yeux sont si doux , Adieu , je prends congé de vous.
LVÏ«
Je me boutte à la débauche, J'en suis tout esbalobé ; Un catarre m'est tombé Dessous la mamelle gauche.
Guiilot me dit l'autre jour Que c'estoit le mal d'amour.
Son humeur me dissimule , Sans que j'aye aucun repos ;