SUR SES CHANSONS
Stances.
[renetiques esprits^ humeurs mornes et
[sombres », 'visages déterrez qui feroient peur aux »Voîcy le remède approuvé, [ombres, , dégageant vos cœurs de la melancholie, Lorsque vous l'aurez esprouvé, Vous tirera des maux qu'apporte la folie.
Les meilleurs médecins qui dedans cette ville Règlent nos passions et font mourrir la bile
Par tant de diverses façons Ne pourroîent pas chasser cette tristesse noire
En comparaison des Chansons Qui viennent obliger aujourd'huy la mémoire.
Ce sont des airs de cour ^ que Paris idolâtre, <Jui sont les passe-temps qu'on rencontre au Et les deDces de nos jours; [théâtre,
I. Var. Humeurs mortes et sombres, éditions de i6)i et de 1758.
' a. Depuis le règne de Charles IX, c'étoit le nom qu'on donnoit aux chansons. Auparavant on les avoit appelées plus ■modestement voix-^e-ville, d'où, quoi qu'on dise en faveur
8 A Gaultier Garguille.
En un mot| leur beauté ne peut estre exprimée
Que par la bouche des amours Et parle oon récit qu'en fait la Renommée.
Elles pourroient charmer l'oreille d'un monarque, Ressuciter un mort, faire rire la Parque,
Attirer le marbre et le fer; Elles pourroient enfin eslever un trophée
Sur les puissances de l'enfer, Que n'emporta jamais la musique d'Orphée.
Gaultier aura l'honneur que les plus belles dames Emprunteront ses vers jpourdescrire leurs fiâmes,
Et le dieu des neuf sœurs Apprendra ses chansons pour donner dçs oracles,
Car leurs charmes et leurs douceurs N'ont que trop de pouvoir pour faire des miracles.
Curieux qui cherchez des*fleurs en toutes choses, Qui forcez la nature à nous donner des roses Dans la plus stérile saison,
de Basselin et de ses vau-de-vire, il me semble bien que le mot vaudeville est dérivé. Adrian Le Roy, dans son recueil publié en i^yi, Livre d'airs de cour miz sur le luth par Adrian Le Roy, nous donne une preuve que Tune des deux appellations avoit succédé à l'autre Dans sa dédicace â trèsexcellente Cataine de Clermont, comtesse de Retz, il dit, au sujet des chansons qui suivent dans son volume V Instruction pour la tablature du luth : a Je me suis avisé de lui mettre en queue pour le seconder ce petit opuscule de chansons de la cour, beaucoup plus légères (que jadis on appeloit voixde-ville, aujourd'hui airs de cour).» En 1 561, LayoUe avoit publié à Lyon Chansons et voix-de-ville ; et en i$7$, quoi qu'en eût ait A. Le Roy quatre ans auparavant, on voyoit encore paroître à Paris : Recueil de chansons en forme de voixdi-ville, par Jean Chardavoine.
Privilège.
Recevez cet autheur dont on n'a peu mesdire
Dans les termes de la raison, Bien qu'il donne tousjours quelque sujet de rire