Var. : Qui veut un luth
j)o Chansons
Jamais un bon chien de chasse Ne furrette en des vieux trous.
Alizon, pleine de rage
En ce congé, Luy dit : « Tu me fais outrage , Vi, vi , vilain enragé. »
On aime mieux un fromage Que les roittes ont mangé.
LI ï
e m'en allay à Bagnolet , Où je trouvay un grand mulet
I. Ce coa-à"l*âne, qui se trouve, sous le n* ^, dans les Chansons récréatives , est le type du genre. C'est celui qu'on cite toujours pour exemple. Est-il de Gautier Garguille.^ Pas plus sans doute que beaucoup d'autres chansons de son recueil. Je ne l'ai toutefois trouvé dans aucun livre plus ancien. L'étymologie du mot 4oq-à-4'âne n'est plus a chercher. Elle est toute dans ce passage de Henry Estienne, en son Traicti de la conformité du langage françois avec le grec : c(Si traictant un tel argument, je saulte souvent du coq à Vêsne, comme on dit, cela ne devra être trouvé estrange » ; et dans ces vers du Loyer des folles amours^ p. 316 :
Par mon serment,
Demoy, vrayment,
Vous vous raillez.
Trop vousfaillez;
Car vous saillez De Cocq en Vasne évidemment.
On avoit d'abord appelé fatrasie, fatras simple ou double, fatras fatrouillé, ce genre.de galimatias. On en peut voir un exemple dans le Nouveau recueil des fabliaux pMié par M. Achille Jubinal, t. i, p. 208-224. Mais, à partir de Marot et de sa fameuse épistre du coq-à-l'asne , c'est ce dernier mot qui prévalut quand on voulut désigner, comme dit Sebilet en son Art poétique y «cette espèce de satire pour la variété des non cohérents propos que les François expriment par le proverbe du sault du coq-à-l'osne, » Satire est
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Qui plantoit des carottes.
Ma Madelon , je t'aime tant, Que quasi je radotte.
bien le mot qu'il faut. En effet, et ce fut une variété du genre, on trouva moyen de tourner en malice les inepties du coq-à-l'âne , en y mêlant à de grosses vérités triviales des allusions aussi transparentes que possible sur les affaires du temps. Comme \t fatras primitif, cette nouvelle façon de coq-â-l*âne fut un genre essentiellement'picard. Voy. Pierre Lefèvre, Art de pleine rhétorique, 1 521, !• liv., fol. 29. On le désigna sous le nom de Coq-^-Vane de la Truye au foin, La Muse chasseresse, de Guillaume du Sable, 1611, in- 12, en contient deux pièces de cette espèce. Voici le commencement de la première :
J'ai voulu , monsieur, vous escrire , Chose dont vous ne ferez que rire , Et pour vous saluer de loin :
Ce sera de la truye au foin , Vieil quolibet de Picardie....
Pendant la Ligue et à l'époque qui suivit, on vit paroître beaucoup de ces pièces, notamment le Coq-à-Vasne et chanson sur ce qui s'est passé en France puis la mort de Henry de Valois, reimprime à Lyon en 1843; le Coq-à-l'asne récréatif, nouvellement composé contre les huguenots de La Rochelle; Coq-à-l'asne de Sancerre et de la Charité, pièces en couplets qui se trouvent l'une et l'autre dans le Sommaire de tous les recueils de chansons tant amoureuses, rustiques que musicales, etc., Nicolas Bonfons, 1(78, in-12, p. 70. 73. Les advis de Charbt à Colin , que nous avons publiés au tome 8, p. 237, des Variétés historiques et littéraires, sont encore une pièce de ce genre. La règle étoit celle-ci : «Ait à garder expressément, dit P. Lefèvre, que chacune ligne ait sa sentence parfaicte, et bien rentraincte» ; maison ne la snivoit pas toujours. L'un des derniers venus. Collé, s'y soumit un des mieux dans son coq-à-l'asne en proverbes :
Trop parler nuit.
Trop gratter cuit , Trop manger n'est pas sage.
A barbon ^s
Jeune souns, L'amour est de tout âge, etc.
Je m'en allay un peu plus loing, Trouvay une botte de foing Qui dansoit la gavotte.
Ma Madelon , je t'aime tant , Que quasi je radotte.
Je m'en alIay en nostre jardin , Trouvé un chat incamadin Qui décrottoît ses bottes.
Ma Madelon, je t'aime tant, Que quasi je radotte.
Je m'en reviens en nostre maison S
Où je rencontray un oyson
Qui portoit la cailotte.
Ma Madelon, je t'aime tant,
Que quasi je radotte ^.
1. WolfF, dans son recueil, p. ii8, a donné tout le coqà-VAne, hormis ce couplet.
2. Après ce coq-à-l'âne , l'un des plus célèbres est celui dont MM. Burgaud des Marets et Rathery ont cité ce couplet dans leur édition de Rabelais , t. i , p. 54 :
Les mouches qu'étoient au plafond
Qui se crevoient de rire, Y en a une qu'a tant ri bon Qu'elle s'est cassé la cuisse.
Tout y est vert , ah ! j'en sais long , Tout y est vert dans nos maisons.
Disons , pour finir, que Vamphigouri est un genre bâtard de celui-ci, et peut-être plus bête encore. On peut en trouver un exemple dans le Recueil Maurepas, t. 2, p. 381.
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