‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 153 sur 249 · UN REGARD · texte numérisé non relu

UN REGARD

Le ciel était chargé d'orage ; L'oiseau poussait son cri d 'effroi , Lorsque , dans l'ombre du nuage , Un clair rayon se fit passage , Et ce rayon tomba sur moi.

Je crus que la nature entière Chantait l'hymne de son réveil.

Je voulus lever la paupière , Et je reconnus ta lumière , O mon étoile , ô mon soleil !

Car ce rayon ëtait la flamme De ton regard et non des cieux ; Et le regard de toute femme Est un rayon qui part de Tàme Pour traverser le ciel des yeux.

Je sentis ma poitrine atteinte Comme d'une pointe d'acier ; Mais je reçus le coup sans plainte , Et j'en veux conserver l'empreinte , Gomme la marque d'un collier.

Dans ce regard (je sais me taire) , Dans ce regard j'ai lu ton cœur.

Et je m'enferme solitaire , Pour m'enivrer de mon mystère , Gomme on savoure une liqueur.

Pardonne, si j'ai su traduire Ton furtif et muet aveu ; Ta bouche n'eût osé le dire ; ^a main se refuse à l'écrire ; ' Je l'emporte avec ton adieu.

Quand viendra la saison glacée ,

Triste au retour comme un départ.

J'évoquerai par la pensée

Gette lueur non effacée ,

Pour me chauffer à ton regard.

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