‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 188 sur 249 · LE RENDEZ-VOUS · texte numérisé non relu

LE RENDEZ-VOUS

Le matin de sa fraîche haleine Parfume les monts et la plaine ;

Je pars leste et joyeux.

Où je vais, faut-il vous le dire?

Je vais.... tous ceux qui savent lire Le liront dans mes yeux.

Oui, buissons qui bordez la route, Et d'où s'épanche goutte à goutte

L'humidité' des nuits; Oui , fleurs avides de lumière , Ruisseau qui cours à la rivière , Soleil qui me conduis ,

Humble mousse et chêne superbe, Insectes de l'air et de l'herbe ,

Ne devinez-vous pas.

Gais pinsons fêtant la verdure , Joie ou larmes de la nature ,

Qu'on nous attend là-bas?

L'amour est dans l'air que j'aspire; Il est bien mieux dans son sourire ,

Dans aes cheveux flottants.

Vingt fois j'ai compté la distance; Je n'ai que deux heures d'avance ;

Arriverai-je à temps?

O mon cœur, tâchez de vous taire :

Le voici , le bois solitaire

Où doucement je vais. Elle ne peut encor m'attendre....

Est-ce une erreur? je crois entendre....

C'est toi !.. . Je le savais.

Je te sens expirer et vivre ; Entre mes bras tu tombes ivre D'amoureuse langueur.

AW GUSTAVE NADAUD.

Restons unis dans cette fièvre , La lèvre parlant à la lèvre , Et le cœur sur le cœur !

Que dis-tu? Quoi? L'heure s'achève?

Partir! Mais c'était donc un'rêve?

Déjà tu disparais?

Tu ne parles plus.... je t' écoute, Et tout seul je reprends ma route.

Courts plaisirs, longs reg^rets!

Le corps s'en va, l'àme demeure; La part qui reste est la meilleure :

Elle n'est plus à moi.

Dans mon exil comment vivrai-je?

Que l'heure trop lente s'abrège!

Deux jours, deux jours sans toi !

Temps jaloux , itiudra-t-il sans cesse Qu'on se plaigne de ta vitesse

Dans la prospérité?

0 vieillard, agite ton aile; Je vais vivre deux jours loin d'elle ,

Deux jours , l'éternité !

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