‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 236 sur 249 · UN ETE · texte numérisé non relu

UN ETE

Depuis bien longtemps

J'attends Que le baromètre y

Mon maître.

Ait du bon côte

Monté, Afin que je puisse.

En Suisse, Faire quelque jour

Un tour.

Hélas ! quelle amère

Chimère !

Encore un été

Raté!

Mai trempé de pluie

S'essuie.

Juin s'en est allé

Gelé; Juillet sent la dure

Froidure ; On s'enrhume en août

Partout, Pour prendre en septembre

La chambre.

On attend trois fois Par mois

Que change la lune ;

Mais Tune Pleure aux deux premiers

Quartiers , Pleure à son troisième

De même.

Et cède en pleurant

Son rang A l'autre meilleure

Qui pleure !

Et pourtant les blés

Goules , Quand les fi-oids sévissent,

Mûrissent Sans savoir, ni moi ,

Pourquoi ; Mais par un usage

Fort sage.

Le raisin aussi

Grossi Nous fera d'étranges

Vendanges.

Remontant le cours

Des jours , Je me remémore

Encore Les gais et chantants

Printemps, De douces et bonnes

Automnes.

£st-ce effet des ans

Pesants î »Est-ce ton mirage ,

Jeune âge î

« Soleil à moitië

Noyë, Toi qui sous des taches

Te caches, Lune au pâlissant

Croissant, Qu'une bonté grande

Vous rende Votre éclat ancien ,

Ou bien Que notre jeunesse

Renaisse !

Un jour nos enfants

Savants 'Trouveront sans doute,

En route, Un ou deux flambeaux

Nouveaux ; Qu'ils plaignent leurs piètres

Ancêtres Morts en cet endroit

De froid , Races endormies,

Momies !

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