LES PEUPLES
Air de la Sentinelle,
Sur le palais d*où nos rois sont chassés La garde veille au salut de la France ; Foulant aux pieds ces lambris renversés , Interrogeons la huit et le silence :
liC peuple en ses robustes doigts
Brise une couronne flétrie ;
Mon Dieu , qui foudroyez les rois ,
Des peuples entendez la voix ,
Veillez aussi sur ma patrie !
Ils sont bannis... respect à leurs malheurs !
Un autre sol couvrira leur poussière ;
La liberté, le front paré de fleurs,
Verse sur nous sa gloire et sa lumière. Les flots et les vents à la fois Sur eux déchaînent leur furie ; Mon Dieu , qui foudroyez les rois , Des peuples entendez la voix , Veillez aussi sur ma patrie !
Un cri s'élève ! . . . et l'Europe est en feu !
L'écho s'émeut, les nations se dressent!...
Laissez passer la justice de Dieu :
L'Océan s'ouvre, et les Alpes s'abaissent ! . . . Partout des trônes et des lois Croule la majesté meurtrie ! . . .
Mon Dieu , qui foudroyez les rois ,
Des peuples entendez la voix , Veillez aussi sur ma patrie !
Non , écoutez ! . . . Le vent qui vient du nord N'apporte ici que des cris de vengeance ; Des fers cruels , plus cruels que la mort, Pèsent là-bas aux mains d'une autre France ! . . .
N'entendez-vous pas cette voix
De la Pologne qui vous crie...
ft O vous , qui foudroyez les rois ,
Des peuples consacrez les droits ,
Et rendez-nous une patrie ! »
La nuit s'achève et le ciel a grandi ! De feux plus vifs l'orient se colore ; Puissent nos fils saluer ton midi , Astre brillant dont nous voyons l'aurore !
Va porter, sous des cieux plus froids ,
Un rayon à la Sibérie ! . . .
Mon Dieu , qui foudroyez les rois ,
Des peuples bénissez les droits ,
Veillez toujours sur ma patrie !