‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 45 sur 249 · LA KERMESSE · texte numérisé non relu

LA KERMESSE

Entends-tu là-bas

Les joyeux ébats ?

Javotte, c'est la kermesse :

Par tous les sentiers ,

Bourgeois et fermiers , Chacun s'a{jite et se presse.

CHANSONS. iOi

La danse ya commencer

Superbe ; Ma Javotte , viens danser

Sur rherbe.

Couples assortis ,

L'un sur l'autre assis, S'embrassent sous le feuillage ;

Et les vieux époux ,

Dessus ou dessous, A table font mariage.

La foule , entre quatre ormeaux ,

Se presse ; L'orchestre, sur deux tonneaux,

Se dresse.

L'archet a crié;

Chacun est sur pié ; Filles et garçons , en place !

On n'invite pas ;

On prend par le bras La plus belle ou la plus grasse.

Chaque visage se teint

De joie , Ou, dans un grand pot d'étain»

Se noie.

Robes, cotillons.

Cheveux bruns ou blonds , Blancs i)onnets avec dentelle, Tabhers, mouchoirs,

102 GUSTAVE ÎSADAUD.

Rouges, blancs ou noirs, Tout court, tout crie et se mêle.

Des cheveux jusqu'aux talons , .

Tout tremble :

Viens, Javotte, brimbalons

Ensemble.

J*aime tes yeux bleus , Et tes grands cheveux

Blonds comme des grains d'avoine ; Tes grosses couleurs Sont comme des fleurs

De pavot ou de pivoine.

On doit s'embrasser après

La danse :

Javotte , nous serons prêts

D'avance.

Sautons comme il faut,

Bien fort et bien haut.

Pour qu'on nous regarde faire;

Puis nous tournerons

En faisant des ronds, Des ronds à rouler par terre.

Et si quelque autre amoureux

Te lorgne , Tant pis s'il revient boiteux

Ou borgne !

Et puis, à la fin , Quand nous aiurons faim ,

Nous irons à la gargote :

Là , nous souperons , Et puis nous rirons ,

Et puis nous... rirons, Javotte.

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