‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 97 sur 249 · LA VIEILLE SERVANTE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE SERVANTE

Gudule est la vieille servante Qui nous tint petits en ses bras ; L'âge a rendu sa main tremblante;' Un long fauteuil retient ses pas.

Elle est près du foyer qui brille , Gomme un vieux portrait de famille.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche va tinter huit coups.

Dans sa pauvre tête alourdie On sent décroître sa raison ; Toute la famille est grandie ; Elle est l'enfant de la maison.

Nous berçons sa triste vieillesse Gomme elle fit notre jeunesse.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche va tinter huit coups.

Gudule est quelquefois grondeuse , Surtout quand le temps va changer; Nous écoutons sa voix pleureuse , Sans rire et sans nous corriger.

Chez nous, on n'oserait rien faire Sans son avis.... qu'on ne suit guère.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche va tinter huit coups.

Nous lui racontons les merveilles Dont jadis elle nous parlait; Elle écoute des deux oreilles, En égrenant son chapelet.

Nous contons l'histoire éternelle Du diable ou de la fée Urgèle.

Allons , Gudule , endormez- vous :

La cloche va tinter huit coups.

Gudule, autrefois économe, Devint avare à soixante ans ; Chaque année arrondit la somme Qu'elle amasse pour ses enfants.

Or, elle n'a garçon ni fille : Nous sommes toute sa famille.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche a tinté ses huit coups.

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