PARIS-BERLIN
Aux organisateurs de la course d'automobiles Paris-BerllD.
Air : Régiment en marche,
Tout pleins d'uae noble ardeur, £t d' l'espoir d'être vainqueurs, Ils se sont mis en campagne Pour envahir TAllemagne.
Ils sont là deux ou trois cents Qui s apprêtent, frémissants.
Malgré la longueur du ch'min, A pousser jusqu'à Berlin.
Gagn'ront-ils la s'cond' manche?
Est-ce enfin la Revanche?
Vont-ils, l'àme sereine, Reprendr' rAlsac'-Lorrainè ?
Dans l'ardeur qui les brûle, Vont-ils donc, les gaillards, Reprendre nos pendules Avec nos cinq milliards?..
En tas, partez-tous, en tas, la route est belle, Y' aura d' la choucrout' là-bas dans la gamelle : C régiment de valeureux Français qui passe
Veut enfin
Franchir l'espace
Paris-Berlin !
Se souv'nant que nos soldats, En soixant*-dix, n*avaient pas De bairs dans leurs cartouchières, Ni d' culottas à leurs derrières,
Chansons de la Doîle
Ils se sont, avant d' partir , Vêtus de bons vêtements d' cuir Et se sont garni les yeux De lunettes à verr's bleus.
Rendrontrils, sombre rage, Carnage pour carnage.
Tueront-ils des enfants ?
Des fenimes d'Allemands?
yont-ils, vengeance folle, Incendier tout par là ?
Ils emportant du pétrole :
Ce n' peut êtr' que pour ça!...
£n tasl partez tous en tas, la route est belle, Y' aura d' la choucrout' là-bas dans la gamelle, - C régiment de valeureux Français qui passe
Veut enân
Franchir l'espace
Paris-Berlin!...
Chansons de la Boîle
ni
Mais quelqu'un me dit soudain :
(( C'est vrai qu'ils vont à Berlin,
c( Qu'ils sont remplis de vaillance :
« Mais qu'est-c' qu' ça fiche à la France?
(( Bénis par monsieur Loubet^ c( Ils vont faire le trajet
« Sans ètr' vainqueurs, ni vaincus ;
« S'ik voient V feu c'est à leur... dos ! '
« Ça vous étonn', peut-être,
« Mais c'est du kilomètre
« Que ces gens vont boufi'er !
« Et, ce qu'ils vont crever
« Ce sont des pneumatiques, « (Pas le moindre Teuton!) « S'ils meur'nt de mort tragique « Ce sVa d'indigestion !.,. »
£n tâs,. partez tous en tas, la route est belle, Y' aura d' la choucrout' là-bas dans la gamelle. Par leurs soins, Guillaume deux viendra, plein d'gràce,
C'est certain,
Nous voir, sur place,
L'été prochain