‹ Chansons de mer et d'outre merChapitre 40 sur 66 · EN RÊVE · texte numérisé non relu

EN RÊVE

Si l'Amour qui peut tout m'avait donné la joie,

Beaux yeux, de vous avoir encor auprès de moi

L'Ile aurait-elle ce parfum de tendresse,

Ce parfum de désirs dont j'aime l'ivresse ?

Et n'est ce pas surtout parce que vous êtes loin,

Si loin de moi,

Que tant d'espoirs vibrants se lèvent

En mon âme

Comme des vols d'oiseaux sur les grèves ;

Et que j'ai l'illusion

De ce beau rêve

Qui me fait croire

Chaque soir

A l'heure où les feuilles sont noires

Et les vagues phosphorescentes

Et qu'aux mâts des bambous créoles

Brillent les fanaux des lucioles

Que l'Ile voyage

Sur l'océan, à toutes voiles.

Et que c'est vers les étoiles

De vos yeux purs qu'elle vogue,

Immense pirogue

Qui porte à la fois Mes chansons volages Et les dithyrambes sauvages Du vent, du ciel et des bois ?

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