THÉÂTRE EN PLEIN AIR
A Louis Pergaud.
Mes yeux que n'émeuvent plus
Les scènes austères
Où de beaux acteurs imitent
La douleur d'Œdipe
Ou les colères
Du roi Lear,
Se plaisent sous de tragiques ciels
Où le vent pousse les nuages
Avant-courreurs d'un bel orage
A suivre les drames éternels
Qui se déroulent dans l'azur :
Lorsqu'un mouvant rideau de pluie
Voyage à travers les nuées,
On dirait une chevauchée
De Walkyries ;
Et quand l'éclair du tonnerre
Déchire soudain l'horizon
Un bel arbre centenaire
Qu'une bourrasque a terrassé
Dans le crépuscule équivoque
Evoque
Un gigantesque Prométhée.