‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 107 sur 315 · LA BONNE VIEILLE · texte numérisé non relu

LA BONNE VIEILLE

Am : Mnse de» boi» el dr* plaisirs champêtres.

Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse !

Vous vieillirez, et je ne serai plus.

Pour moi le temps semble, dans sa vitesse. Compter deux fois les jours que j’ai perdus. Survivez-moi; mais que l’àge péuible Vous trouve encor fidèle à mes leçons;

Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible, De votre 3 mi répétez les chansons.

Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits charmants qui m’auront inspiré. Des doux récits les jeunes gens avides Diront : Quel fut cet ami tant pleuré ?

De mon amour peignez, s'il est possible, L’ardeur, l’ivresse, et même les soupçons;

Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible. De votre ami répétez lès chansons.

On vous dira ; Savait-il être aimable?

Et sans rougir vous direz : Je l’aimais.

D’un trait méchant se montra-t-il capable? Avec orgueil vous répondrez : Jamais.

DK BÉRANGER. 193

Ah! dites bien qu’amoureux et sensible,

D'un luth joyeux il attendrit les sons ;

Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,

De YOtre ami répétez les chansons.

Vous que j’appris à pleurer sur la France, Dites surtout aux fils des nouveaux preux Que j’ai chanté la gloire et l’espérance Pour consoler mon pays malheureux.

Rappelez-leur que raquilon terrible De nos lauriers a détruit vingt moissons ;

Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible,

De votre ami répétez les chansons.

Objet chéri, quand mon renom futile De vos vieux ans charmera les douleurs,

A mon portrait quand votre main débile.

Chaque printemps, suspendra quelques fleurs. Levez les yeux vers ce monde invisible Où pour toujours nous nous réunissons ;

Et bonne vieille, au coin d’un feu paisible.

De votre ami répétez les chansons.

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