LE CHAMP D’ASILE
Août <818.
Air de la iloniauct- dr Bcliuirc.
Un chef de bannis courageuv, Implorant un lointain asile.
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A des sauvages ombrageux Disait : « L’Europe nous exile.
« Heureux enfants de ces forêts,
« De nos maux apprenez l'histoire :
« Sauvages! nous sommes Français; a Prenez pitié de notre gloire.
» Elle épouvante encor les rois,
« Et nous bannit des humbles chaumes « D’où sortis pour venger nos droits,
« Nous avons dompté vingt royaumes.
« Nous courions conquérir la Paix « Qui fuyait devant la Victoire.
« Sauvages! nous sommes Français;
« Prenez pitié de notre gloire.
« Dans l'Inde, Albion a tremblé « Quand de nos soldats intrépides .. Les chants d’allégresse ont troublé « Les vieux échos des Pyramides.
« Les siècles pour tant de hauts faits « N’auront point assez de mémoire.
« Sauvages ! nous sommes Français ;
« Prenez pitié de notre gloire.
« Un homme enfin sort de nos rangs ;
« Il dit : « Je suis le dieu du monde. »
« L’on voit soudain les rois errants « Conjurer la foudre qui gronde.
« De loin saluant son palais,
<* A ce dieu seul ils semblaient croire.
<i Sauvages! nous sommes Français;
« Prenez pitié de notre gloire.
« Mais il tombe; et nous, vieux soldats, « Qui suivions un compagnon d’armes,
« Nous voguons jusqu’en vos climats,
« Pleurant la patrie et ses charmes.
« Qu’elle se relève à jamais « Du grand naufrage de la Loire !
« Sauvages! nous sommes Français;
« Prenez pitié de notre gloire. »
Il se tait. Un sauvage alors Répond : a Dieu calme les orages.
« Guerriers, partagez nos trésors,
« Ces champs, ces fleuves, ces ombrages.
<• Gravons sur l’arbre de la Paix « Ces mots d'un fils de la Victoire :
a Sauvages! nous sommes Français;
« Prenez pitié de notre gloire. »
Le Champ d’Asile est consacré ; Elevez-vous, cité nouvelle;
Soyez-nous un port assuré Contre la fortune infidèle.
Peut-être aussi des plus hauts faits Nos fils, vous racontant l’histoire,
Vous diront : Nous sommes Français ; Prenez pitié de notre gloire.