‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 141 sur 315 · LES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LES ROSSIGNOLS

Au» : C est h mon maitre en l’art <le plaire.

La nuit a ralenti les heures ,

Le sommeil s’étend sur Paris :

Charmez l’écho de nos demeures, Eveillez-vous, oiseaux chéris.

Dans ces instants où le cœur pense, Heureux qui peut rentrer eu soi !

De la nuit j’aime le silence :

Doux rossignols, chantez pour moi. (bis.)

Doux chantres de Varaour fidèle,

De Phryné fuyez le séjour :

Pliryné rend chaque nuit nouvelle Complice d’un nouvel amour.

En vain des baisers sans ivresse Ont scellé des serments sans foi;

Je crois encore à la tendresse :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Pour vous il n’est point de Zoïle ;

Mais croyez-vous, par vos accords, Toucher l’avare au cœur stérile,

Qui compte à présent ses trésors?

Quand la nuit, favorable aux ruses,

Pour son or le remplit d’effroi,

Ma pauvreté sourit aux Muses :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Vous qui redoutez l’esclavage,

Ah ! refusez vos tendres airs A ces nobles qui, d’àge en âge,

Pour en donner, portent des fers.

Tandis qu’ils veillent en silence,

Debout, auprès du lit d’un roi,

C’est la liberté que j’encense :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Mais votre voix devient plus vive ;

Non, vous n’aimez pas les méchants.

Du printemps le parfum m'arrive Avec la douceur de vos chants.

La nature, plus belle encore,

Dans mon cœur va graver sa loi.

J’attends le réveil de l’aurore :

Doux rossignols, chantez pour moi. (bis.)

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