‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 148 sur 315 · MA LAMPE · texte numérisé non relu

MA LAMPE

CHANSON

ADRESSÉE A MADAME DUFRESSOY.

Ain il’Arist»i>|)c.

Veille encore, ô lampe fidèle Que trop peu d’huile vient nourrir !

Sur les accents d’une immortelle Laisse mes regards s’attendrir.

De l’amour, que sa lyre implore,

Tu le sais, j’ai subi la lui.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufiesnoy.

Son livre est plein d'un doux mystère.

Plein d’un bonheur de peu d’instants ;

Il rend à mou lit solitaire Tous les songes de mon printemps.

Les dieux qu’au bel âge on adore Voudraient-ils revoler vers moi?

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Si, comme Saplio, qu’elle égale,

Elle eût, en proie à deux penchants,

Des Amours ardente rivale,

Aux Grâces consacré ses chants,

Parny, près d’une Eléonore,

Ne l’aurait pu voir sans effroi.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Combien a pleuré sur nos armes Sou noble cœur de gloire épris!

De n’ètre pour rien dans ses larmes L’Amour alors parut surpris.

Jamais au pays qu’elle honore Sa lyre n’a manqué de foi.

Veille, ma lampe, veille encore :

Je lis les vers de Dufresnoy.

Aux chants du Nord on fait hommage Des lauriers du Piude avilis;

Mais de leur gloire sois l’image,

Toi, ma lampe, toi qui pâlis.

À ton déclin, je vois l’aurore Triompher de l’ombre et de toi ; Tu meurs, et je relis encore Les vers charmants de Dufresuoy.

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