LA FORTUNE
Am de la Sabotière.
Pan! pan! est-ce ma brune, Paul pan! qui frappe en bas?
Tan ! pan ! c’est la Fortune :
Pan ! pan ! je n’ouvre pas.
* (.'Espagne et Naples étaient alors en révolution.
Tous mes amis, le verre en main,
Te joie enivrent ma chambrette; Nous n’attendons plus que Lisette :
Fortune, passe ton chemin.
Pan! pan! est-ce ma brune,
Pan ! pan ! qui frappe en bas ?
Pan ! pan! c’est la Fortune :
Pan! pan! je n’ouvre pas.
Si Ton en croit ce qu’elle dit.
Son or chez nous ferait merveilles ; Mais nous avons là vingt bouteilles, Et le traiteur nous fait crédit.
Pan ! pan ! est-ce ma brune,
Pan! pan! qui frappe en bas?
Pan ! pan ! c est la Fortune :
Pan ! pan ! je n’ouvre pas. .
Elle offre perles et rubis,
Manteaux d’une richesse extrême.
Eh! que nous fait la pourpre même?
Nous venons d’ôter nos hanits.
Pan ! pan ! est-ce ma brune,
Pan! pan! qui frappe en bas? .
Pan ! pan ! oest la Fortune :
Pan ! pan ! je n’ouvre pas.
Elle nous traite en écoliers.
Parle de gloire et de génie.
Hélas! grâce à la calomnie.
Nous ne croyons plus aux laui iers«
Pan! pan! est-ce ma brune,
Pan! pan! qui frappe en bas?
Pan ! pan ! c’est la Fortune :
' Pan ! pan ! je n’ouvre pas.
Loin des plaisirs, point ne voulons Aux deux être lancés par elle-;
Sans même essayer la nacelle,
Nous voyons s’enfler ses ballons.
Pan ! pan ! est-ce ma brune,
Pan ! pan ! gui frappe en bas ?
Pan ! pan ! c’est la Fortune :
Pan ! pan ! je n’ouvre pas.
Mais tous nos voisins attroupés Implorent ses faveurs traîtresses ; Ah ! chers amis, par nos maîtresses Nous serons plus gaiment trompés.
Pan! pan! est-ce ma brune,
Pan! pan! qui frappe en bas?
Pan ! pan ! uest la Fortune :
Pan ! pan ! je n'ouvre pas.
lodis xr
Am . Sans un p'til brin d’amour.
Ileureux villageois, dansons :
Sautez, fillettes Et garçons!
Unissez vos joyeux sons,
Musettes Et chansons!
Notre vieux roi, caché dans ces tourelles, Louis, dont nous parlons tout bas,
* On tait que ce roi, retiré au Plc*îis-’ea-Tours nrec Tristan, confident et exécuteur de ses cruautés, routait Voir quclque.oi* le» paysans daiucr devant Ica fenêtres de ton chu tenu.
Vent essayer, au temps des fleurs nouvelles, S’il peut sourire à nos ébats.
Heureux villageois, dansons :
Sautez, fillettes Et garçons !
Unissez vos joyeux sons.
Musettes Et chansons 1
Quand sur nos bords on rit, on chante, on aime, Louis se retient prisonnier :
Il craint les grands, et le peuple, et Dieu moine ; Surtout il craint son héritier.
Ileureux villageois, dansons t Sautez, fillettes Et garçons!
Unissez vos Joyeux sons,
Musettes Et chansons !
Vovez d’ici briller cent hallebardes Aux feux d’un soleil pur et doux;
N’entend-on pas le Qui vire des gardas Qui se mêle au bruit des verrous?
Heureux villageois, dansons :
Sautez, fillettes Et garçons 1
Unissez vos }oyeux sons,
Musettes Et chansons!
Il vient! il vient! Ah ! du plus humble chaume Ce roi peut envier la paix.
Le voyez-vous, comme un pale, fan» unie,
A travers ces barreaux épais .
Heureux villageois, dansons :
Sautez, fillettes
Et garçons!
Unissez vos joyeux sons,
Musettes Et chansons!
Dans nos hameaux quelle image brillante Nous nous faisions d'un souverain !
Quoi ! pour le sceptre une main défaillante! Pour la couronne un front chagrin!
Heureux villageois, dansons ;
Sautez, fillettes Et garçons!
Unissez vos j*oyeui sons,
Musettes Et chansons!
Malgré nos chants, il se trouble, il frissonne; L’horloge a causé son effroi :
Ainsi toujours il prend l’heure qui sonne Pour un signal de son beffroi.
Heureux villageois, dansons :
Sautez, fillettes Et garçons!
Unissez vos joyeux sons,
Musettes Et chansons!
Mais notre joie, hélas ! le désespère :
Il fuit avec son favori.
Craignons sa haine, et disons qu’en bon père A ses enfants il a souri.
Heureux villageois, dansons :
Sautez, fillettes Et garçons !
Unissez vos Joyeux sons,
Musettes Et chansons!