‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 161 sur 315 · EH STYLE DU GENRE · texte numérisé non relu

EH STYLE DU GENRE

Ain de toutes les complaintes.

Venez tous, bons catholiques,

Jésuites, grands et petits,

Et vous, nouveaux convertis,

Vous, nos meilleures pratiques,

Venez dire un in pace Pour un héros trépassé.

* Les chansons «le Tar.sT.iLi.on, «le Nsmchouohosou, «le la Vissa uc Saint-Esmut, «le la Caruc national» et du Nouvel Ordhk oc joir, n'ont jamais paru, dans les recueils tmbliés par M. IUhancch, aux épo«|ucs qui corresponih'nl i leur date. Habitué dés lors sans doute il traiter la politique sur tin ton plus élevé, il n'a regardé c< s productions que couinie un tribut fugiiii' payé à U circonstance. Mal* ces chansons ayant fait rechcrcfurr les contre. açons, si multipliées en Franc»; et à l'étranger, l’éditeur actuel s’est vu dans l’obligation, malgré le désir qu'il a rie complaire à l'auteur, de (aire entrer daus cette cditijii. et ce» cinq chni-sons et celle des Pai-ks qui, lorsqu’elles oui été répaudues, avaient aussi un but politique.

(Note ut L’ÈuiTEt R.)

Bénissons tous la mémoire De monsieur de Trestaillon.

De la Restauration

Lui seul ayant fait la gloire,

Sa mort, vrai malheur public,

Est un fâcheux pronostic.

Portefaix cité dans Nîmes Pour sa douce piété,

D’assassin il fut traité Par de brutales victimes,

Quand son bras sur tel ou tel Vengea le trône et l’autel.

Souvent ivre de rogomme,

Ou surpris eu mauvais lieu,

Pour rester pur devant Dieu,

Tous les huit jours ce digue homme Communiait saintement Soit à jeun, soit autrement.

Fort, de sa cocarde blanche,

A tuer des protestants Il consacrait tout son temps,

Sans excepter le dimanche;

Car il s’était procuré Des dispenses du curé.

Miracle! en vain il s’amuse A massacrer en plein jour;

Traduit devant une cour,

Aucun témoin ne l’accuse.

Les juges au prévenu Disent : Ni vu ni conuu.

Riche alors de mainte somme Qui lui venait de bien haut,

Il buvait frais au temps chaud, Vivant en bon gentilhomme,

Et chacun avait grand soin De le saluer de loin.

Mais la mort rien ne respecte ; Elle vient nous le ravir,

Quand il pouvait nous servir Contre tous ceux qu’on suspecte; 11 meurt en disant : Corbleu!

J’aurais été cordon bleu.

Des nobles portent sa bière ;

Nos magistrats sont en deuil;

Le clergé, la larme à l’œil, Marche avec croix et bannière.

Ainsi l’on ne dira pas Que les prêtres sont ingrats.

On vient d’écrire au saint-père Pour qu’il soit canonisé.

Quoique ce soit bien usé,

Dans peu l’on verra, j’espère, Nos loups chassant les brebis, Lui dire : Ora pro nobis!

En attendant ses religues Qu’à Montrouge on bénira,

Ses exploits on donnera En exemple aux catholiques, Afin que sans examen Chacun d’eux l’imite. Amen.

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