‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 17 sur 315 · DEO GRATIAS D'UN ÉPICURIEN · texte numérisé non relu

DEO GRATIAS D'UN ÉPICURIEN

Am: Tout le long «le U mièrc.

Dans ce siècle d’impiété L’on rit du Bénédicité l Faut-il qu’à peine il m’eu souvienne!

Mais, pour que l’appétit revienne,

Je dis mes Grâces lorsque enfin Je n’ai plus soif, je n’ai plus faim : Toujours l’espoir suit le plaisir qui passe. Que vous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, O mon Dieu! mon Dieu! je vous rends grâce.

Mon voisin, faible du cerveau,

Ne boit jamais son vin sans eau;

Rien qu’à voir mousser le champagne,

Déjà la migraine le gagne,

Tandis que pur et coup sur coup Pour ma santé ie bois beaucoup :

Vous savez seul comment tout cela passe. Que vous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, O mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.

De soupçons jaloux assiégé,

Dorval n'a ni bu ni mangé.

Cet époux sans philosophie Par bonheur de nous se défie,

Et tient sa femme aux yeux si doux Sous triple porte à deux verrous :

Par la fenetre il fait tout pour qu’on passe. Que vous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, O mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.

Certain soir, monsieur célébra Une déesse d’Opéra.

Pour prix d’un grain d’encens profane,

Vite au régime on le condamne ;

Sans accident, moi, j’ai fêté Huit danseuses de la Gaité :

Pour un miracle on veut que cela passe.

Que vous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, O mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.

Mais quel convive, assis là-bas,

N’ose rire et ne chante pas?

Chut! me dit-on, c’est un vrai sage,

Qui dans les cours a fait naufrage.

Quoi! chez nous cet homme rêveur Des rois regrette la faveur !

rius sage, moi, je sais comme on s’en passe. Que vous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, O mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.

A table trouvant tout au mieux,

Je crois qu’un ordre eiprès des cieux

Tient en haleine la sagesse, 5“ ^ “énage la faiblesse, lait de leur vie un repas Dont le dessert ne finit pas.

ü mon Dieul min

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