‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 178 sur 315 · LE PIGEON MESSAGER · texte numérisé non relu

LE PIGEON MESSAGER

Am de laconneî.

L’aï brillait, et ma ieune maîtresse Chantait les dieux dans la Grèce oubliés.

Nous comparions notre France à la Grèce, Quand un pigeon vient s’abattre à nos pieds, (bis) Nœris découvre un billet sous son aile :

Il le portait vers des foyers chéris, (bis.)

* Tout le monde connaît l’usage «jue quelque* peuple* font de* pigeons pour porter le* lettre* pressées. On les emporte loin de leur séjour habituel, et ils traversent, pour y revenir, le* plus grandes distance* avec un* rapidité qui parait incroyable.

enANSONS

Bois dans ma coupe, ô messager fidèle! h Et dors en paix sur le sein de Nœris. '

Il est tombé, las d’un trop long voyage ; Rendons-lui vite et force et liberté.

D’un trafiquant remplit-il le message?

Va-t-il d’amour parler à la beauté?

Peut-être il porte au pid qui le rappelle Les derniers vœux d’infortunés proscrits.

Bois dans ma coupe, ô messager fidèle!

Et dors en paix sur le sein de Nœris.

Mais du billet quelques mots me font croire Qu’il est en France à des Grecs apporté.

11 vient d’Atlièue; il doit parler de gloire: Lisons-le donc par droit de parenté.

Athène est libre ! amis ! quelle nouvelle !

Que de lauriers tout à coup refleuris !

Bois dans ma coupe, ô messager fidèle !

Et dors en paix sur le sein de Nœris.

Athène est libre! Ali! buvons à la Grèce : Nœris, voici de nouveaux demi-dieux.

L’Europe en vain, tremblante de vieillesse, Déshéritait ces ainés glorieux.

Ils sont vainqueurs; Athènes, toujours belle, N’est plus vouée au culte des débris.

Bois dans ma coupe, ô messager fidèle !

Et dors en paix sur le sein de Nœris.

Athène est libre ! ô Muse des Pindares, Reprends ton sceptre, et ta lyre, et ta voix ; Athène est libre en dépit des barbares ! Athène est libre en dépit de nos rois !

Que 1’univers, toujours instruit par elle^ Retrouve encor Athènes dans Paris !

Bois dans ma coupe, ô messager fidèle !

Et dors en paix sur le sein de Nœris.

Beau voyageur au pays des Hellènes, Repose-toi, puis vole à tes amours;

Vole, et, bientôt reporté dans Athènes,

Reviens braver et tyrans et vautours, (bis.)

A tant de rois dont le trône chancelle,

D’un peuple libre apporte encor les cris, (bis.) Bois dans ina coupe, ô messager fidèle ! ) » i Et dors en paix sur le sein de Nœris. ) ^ *'

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