‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 186 sur 315 · LE MALADE · texte numérisé non relu

LE MALADE

Avril I8i3.

Am : Musc de* beis et des accord* champêtre».

Un mal cuisant déchire ma noitrine.

Ma faible voix s’éteint dans les douleurs ;

Et tout renaît, et bientôt l’aubépine Verra l’abeille accourir à ses fleurs.

Dieu d’un sourire a béni la nature;

Daus leur splendeur les ci eux vont éclater. Reviens, ma voix, faible, mais douce et pure : Il est encor de beaux jours à chanter.

Mon Esculape * a renversé mon verre;

Plus de gaitéî mon front se rembrunit;

Mais vient l’amour et le mois (mil préféré: Déjà l’oiseau butine pour son nid.

Des voluptés le torrent va s’épandre Sur l’univers qui semblait végéter.

Reviens, ma voix, faible, mais toujours tendre . Il est encor des plaisirs à chanter.

Pour mon pays que de chansons encore!

D’un lâche oubli vengeons les trois coulèurs. De nouveaux noms la France se décore ;

A l’aigle éteint nous redevons des pleurs.

• Le célèbre doclrur Duhoia, * qui l’»u:eur de ce* chansons ne peut témoignée trop de reconnniwimce, et en qui le* qu**

liu1» du cœur égalent la acùncc et l'étonnante habileté.

de Béranger.

Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l’osent affronter î Reviens, ma voix, faible, mais courageuse 1 Il est encor des gloires à chanter.

Puis j’entrevois la Liberté bannie ;

Elle revient : despotes, à genoux î Pour l’étouffer en vain la tyrannie Fait signe au Nord de déborder sur nous. L’ours effrayé regagne sa tanière,

Loin du soleil qu’il voulait disputer.

Reviens, ma voix, faible, mais libre et fière : Il est encore un triomphe à chanter.

Que dis-je? hélas! oui, la terre s’éveille. Belle et parée, au souffle du printemps.

Mais dans nos cœurs le courage sommeille; Chargé de fers, chacun se d:t : J’attends !

La Grèce expire, et l’Europe est tremblante, Seuls, .nos pleurs seuls osent se révolter. Reviens, ma voix, iaible, mais consolante :

Il est encor des martyrs à enanter.

U COURONNE DE BLÜETS

A MADAMEW.

Am . J'ai r-.\ partout dan* me» voyages.

Du ciel j’arrive, et mon voyage Nous épargne à tous bien des pleurs.

Beauté folâtre autaut que sage,

Ne jouez plus avec des fleurs.

Sachez qivhier, la panse rondo Et l’œil obscurci par Bacchus,

Juçin a cru dans notre monde Voir une couronne de plus.

{(ris

A la colère il s’abandonne.

« L’abus, dit-il, devient trop fort !

« Encore un front que l’on couronne • « Quand le faiseur de rois est mort * !

« Sur ce front lançons mon tonnerre ;

« Du faible enfin vengeons les droits.

« Je veux voir un jour sur la terre h Les rois sujets, les sujets rois. »

Dans son conseil alors j’arrive;

(Où les rimeurs n’entrent-ils pas?)

Èn joue il vous met sans qui-vive;

Mais je l’aborde chapeau bas :

« Jupin, de ton arrêt j’appelle;

« Ta balance et tes poids sont faux :

« Ta cour de justice éternelle « A-t-elle eu ses gardes des sceaux?

« Braque tes lunettes, vieux sire,

« Sur le front couronné par nous.

« De la candeur c’est le sourire,

« De la bonté c’est l’œil si doux.

<i Lorsque les carreaux de son foudre « Chez nos sourds passent pour muets,

« Jupin ne mettrait-il en poudre - « Qivune couronne de bluets?

« — Oh! oh! dit-il, qu’allais-je faire?

« Ailleurs frappons ; mon foudre est chaud. « — Frappe, mais sur notre hémisphère « Vise donc plus bas ou plus haut. »

Heureux d’avoir su vous défendre, J’accours des célestes donjons.

Quant à Jupin, ie viens d’apprendre ) .

Qu’il a foudroyé deux pigeons. pBls y

* Nupoléon.

DE DÉRANGE H

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