‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 194 sur 315 · LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

LES HIRONDELLES

Ain de la Romance de Jot -pli.

Captif au rivage du Maure,

Un guerrier, courbé sous ses fers, Disait : Je vous revois encore, Oiseaux eunemis des hivers.

Hirondelles, que l’espérance Suit jusqu’en ces brûlants climats, Sans doute vous quittez la France :

De mon pays ne me parlez-vous pas?

* Celte élégie, «i remplie de re„rr.s pour le loi. domestique, i reçu dernièrement encore une consécration nouvelle. Husi.-urt sol lait de notre armée d'Afrique, prisonniers des Arabes, te rcunis.aicnt le soir pour chanter lu chanson des llmoaocLLU, mais il leur é.ait presque impossible d'al'er jusqu'au dernier couplet: leur vois et leurs regards étaient oil'usqués par l<-s larmes. Ainsi les Hébreux captifs devaient chaut r le St rr.a ri.t'MM B.bvlonis.,. — et ils pleuraient — en se nxrrcuM Jéni nus ■ .

Depuis trois ans je vous conjure De m’apporter un souvenir Pu vallon où ma vie obscure Se berçait d’un doux avenir.

Au détour d’une eau oui chemine A flots purs, sous de frais lilas,

Vous avez vu notre chaumine :

De ce vallon ne me parlez-vous pas?

L’une de vous peut-être est née Au toit où j’ai reçu le jour ;

Là, d'une mère infortunée Vous avez dû plaindre l’amour.

Mourante, elle croit à toute heure Entendre le bruit de mes pas ;

Elle écoute, et puis elle pleure :

De son amour ne me parlez- vous pas?

Ma sœur est-elle mariée?

Avez-vous vu de nos garçons La foule, aux noces conviee,

La célébrer dans leurs chansons?

Et ces compagnons du jeune âge Qui m’ont suivi dans les combats,

Ont-ils revu tous le village ?

De tant d’amis ne me parlez-vous pas?

Sur leurs corps l’étranger, peut-être,

Du vallon reprend le chemin;

Sous mon chaume il commande en maître ; De ma sœur il trouble l’hymen.

Pour moi plus de mère qui prie,

Et partout des fers ici-bas.

Hirondelles de ma patrie.

De ses malheurs ne me parlez-vous pas’

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