‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 207 sur 315 · COUPLETS POUR LA FÊTE DE MARIE · texte numérisé non relu

COUPLETS POUR LA FÊTE DE MARIE

Am de la Treille de sincérité.

On achète Lyre et musette ;

Comme tant d’autres, à mon tour,

Je me fais poète de cour (bis.)

Te chanter encore, ô Marie !

Non, vraiment, je ne l’ose pas.

Ma Muse enfiu s’est aguerrie,

Et vers la cour tourne ses pas. (bis.)

Je gage, s’il naît un Voltaire,

Qu’on emprunte pour l'acheter.

Prêt à me vendre au ministère,

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette;

Comme tant d’autres, à mon tour,

Je me fais poète de cour.

Ce que je dirais pour te plaire Ferait rire ailleurs de pitié;

L’Amour est notre moindre affaire :

Les grands ont banni l’amitié ;

On siffle le patriotisme ;

Ce qu’on sait le mieux, c’est compter.

J’adresse une ode à l’égoïsme :

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète

•* *• " Lyre et musette;

* Gomme tant d’autres, à mon tour,

- Je me fais poète de cour.

Je crains que ta voix ne m’inspire L’éloge des Grecs valeureux,

Contre qui l’Europe conspire Pour ne plus rougir devant eux.

En vain ton âme généreuse De leurs maux se laisse attrister; Moi, je chante l’Espagne heureuse :

Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ;

Comme tant d’autres, à mon tour,

Je me fais poète de cour.

Dans mes calculs, Dieu ! quel déboire,

Si de tou héros je parlais !

Il nous a légué tant de gloire,

Qu’on est embarrassé du legs.

Lorsque ta main pare son buste De lauriers qu’on doit respecter,

J’encense une personne auguste :

Pour toi je ne puis plus chanter. •

On achète Lyre et musette ;

Comme tant d’autres, à mou tour,

Je me fais poète de cour.

Pourquoi douter, chère Marie,

Que ton ami change à ce point?

Liberté, gloire, honneur, patrie,

Sont des mots qu’on n’escompte point, (bis.) Des chants pour toi sont la "satire Des grands que j’apprends à flatter :

Non, quoi que mon cœur veuille dire, Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète

„ iy re et musette;

Comme tant d’autres, à mon tour,

Je me fais poète de cour, (bis.)

COUPLET

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