‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 231 sur 315 · ORAISON FUNÈBRE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE

DI

TURL ÜPIN.

Air . C'est à boire, à boire, à boire, etc.

H meurt, et la joie expire !

Il meurt, lui qui si souvent Nous a fait mourir de rire A son théâtre en plein vent !

Il nous charmait à toute heure, Ahl

Soit en Gille, soit en Scapin.

Que l’on pleure, pleure, pleure Au convoi de Turlupin.

Sans daigner le reconnaître, Notre siècle si profond A vu Socrate renaître Sous l’habit de ce bouffon.

Pour que son nom lui survive, Ahl

Prends, Clio, prends ton calepin.

Qu’on écrive, écrive, écrive L’histoire de Turlupin.

Culot d’une sainte abbesse Et d’un prélat respecté,

Turlupin de sa nomesse Ne tirait point vanité.

Il ne pouvait voir sans rire,

Ah!

Ses aïeux cités dans Turpin. Qu’on admire, admire, admire Le bon sens de Turlupin.

D’abord il prit la Bastille,

Fut soldat, et puis, blessé,

Vint jouer à la Courtille,

Par la misère engraissé.

La gaité fut sa recette,

Ah!

Sa poudre de perlimpinpin.

Qu’on achète, achète, achète Le secret de Turlupin.

Doux censeur des grandeurs fausses.

Aux pauvres, ses bons amis,

En rafistolant ses chausses,

Il disait, pauvre et mal mis :

Au vrai bonheur puisqu’il mène,

— Ah !

Le sabot vaut bien l’escarpin.

Que l’on prenne, prenne, prenne Des leçons de Turlupin.

— Du roi viens voir la personne.

— Non, répondit-il, non pas.

Otera-t’il sa couronne

Quand je mettrai chapeau bas?

Ma foi, s’il faut crier vive I Ah!

Vive l’ami qui cnit mon pain !

Que l’on suive, suive, suive L’exemple de Turlupin.

— Chante au peuple des dimanches Les vainqueurs pour dix écus.

— Moi ! déshonorer mes planches I Non, dit-il, gloire aux vaincus !

— En prison suis-nous donc vite.

Ah !

Je vous suis, monsieur de Crispin.

Qu'on imite, imite, imite •

Ce beau trait de Turlupin.

Veux-tu qu’Ignace t’assiste?

— Non, fi de ces noirs manteaux !

Entre eux et nous il existe Rivalité de tréteaux.

Ton dieu, Marie Alacoque,

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