‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 237 sur 315 · ENCORE UES AMOURS · texte numérisé non relu

ENCORE UES AMOURS

Am de Lécnid*.

Je me disais : Tous les dieux du bel âge M’ont délaissé ; me voilà seul et vieux. Adieu l’espoir que leur troupe volage M’avait donné de me fermer les yeux î Je le disais, lorsqu’une enchanteresse Vient et d’un mot ravit mes sens troublés. Ah! c’est encor quelque beauté traîtresse : Tous les Amours ne sont pas envolés.

Oui, c'est encor quelque sujet de peine;

Mais du repos je suis si fatigué !

Lorsqu’à trente ans je pliais sous ma chaîne. Plus malheureux, pourtant j’étais plus gai.

Le ciel m’envoie une reine nouvelle ;

Combien d’attraits les siens m’ont rappelés! Roses d’automne, effeuillez-vous pour elle : Tous les Amours ne sont pas envolés.

Mes yeux encor ont des pleurs à répandre;

Ma voix encore a des chants amoureux.

Aimons, chantons ; la beauté vient m’apprendre A triompher des hivers rigoureux.

Tout me sourit : les fleurs brillent plus belles. Les jours plus purs, les cieux plus étoilés. Dans l’air plus doux j’entends nattre des ailes : Tous les Amours ne sont pas envolés.

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