DU BON SENS WN HOMME DE RIEN
Am; Ottc chaumière*';# vaut ua
Malheur, malheur aux commis !
A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s’intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis ;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
Il est minuit. Çà, qu’on me suive,
Hommes, pacotille et mulets.
» Le Bon Sens d’c« homme me rien est un livre d’un grand sens Tail par on homme de beaucoup d'esprit. Dans nn ca re fort original, l’auteur, philanthrope consciencieux et instruit, a traite beaucoup de questions économiques qu il a su ri w tir d’une forme a la fois piquante et familière. Les questions p > *" tiques y sont également abordées avec une franchise toute bretonne. Le style de cet ouvrage, remarquable par unr correction sans recherche et une naivrté sans alfectalion, décrie un tresrarc talent d'écrivain, fait pour s’illustrer dans la défense des intérêts populaires. A l'appui de celte opinion, on peut lire le discuurs prononcé par NL Bernard à la Chambre , lors de la discussion sur la réforme du Code pénal.
Marchons, attentifs au qui-vive;
Armons fusils et pistolets Les douaniers sont en nombre;
Mais le plomb n'est pas cher ;
Et l’on sait que dans l’ombre Nos balles verront clair
Malheur, malheur aux commis !
A nous bonheur et richesse!
Le peuple à nous s’intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
Camarades, la noble vie !
Que de hauts faits à publier !
Combien notre belle est ravie Quand l’or pleut dans son tablier !
Château, maison, cabane,
Nous sont ouverts partout.
Si la loi nous condamne,
Le peuple nous absout.
Malheur, malheur aux commis !
A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s’intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
. Bravant neige, froid, pluie, orage,
Au bruit des torrents nous dormons.
Ah! uu’on aspire de courage Dans l’air pur du sommet des monts !
Cimes à nous connues.
Cent fois vous nous voyez
La tète dans les nues Et la mort sous nos pieds.
Malheur, malheur aux commis !
A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s’intéresse :
11 est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis ;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
Aux échanges l’homme s’exerce;
Mais l’impôt barre les chemins.
Passons c'est nous qui du commerce
Tiendrons la balance en nos mains.
Partout la Providence Veut, en nous protégeant,
Niveler l’abondance,
Eparpiller l’argent.
Malheur, malheur aux commis !
A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s’intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis ;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
Nos gouvernants, pris de vertige,
Les biens du ciel triplant le taux,
Font mourir le fruit sur sa tige,
Du travail brisent les marteaux.
Pour qu’au loin il abreuve Le sol et l’habitant,
Le bon Dieu crée un fleuve :
Ils en font un étang.
Malheur, malheur aux commis!
A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s'intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis ;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
Quoi ! l'on veut qu'uni de langage,
Aux mêmes lois longtemps soumis,
Tout peuple qu’un traité partage Forme deux peuples d’ennemis !
Non; grâce à notre peine,
Ils 11e vont pas en vain Filer la même laine,
Sourire au même vin.
Malheur, malheur aux commis 1 A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s’intéresse :
11 est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis ;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
A la frontière oi\ l’oiseau vole,
Rien ne lui dit : Suis d’autres lois.
L’été vient tarir la rigole Qui sert de limite à deux rois.
Prix du sang qu’ils répandent,
Là leurs droits sont perçus.
Ces bornes qu’ils défendent,
Nous sautons par-dessus.
Malheur, malheur aux commis !
A nous bonheur et richesse !
Le peuple à nous s’intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.
On nous chante dans nos campagnes, Nous, dont le fusil redouté,
En frappant l’écho des montagnes,
Peut réveiller la Liberté.
Quand tombe la patrie Sous des voisins altiers,
Mourante elle s’écrie :
A moi, contrebandiers 1
Malheur, malheur aux commis!
A nous bonheur et richesse!
Le peuple à nous s’intéresse :
Il est de nos amis.
Oui, le peuple est partout de nos amis;
Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.