‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 303 sur 315 · AUX CHASSEURS D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

AUX CHASSEURS D'AFRIQUE

An* ; Uadclon s'r.n fut k Home, ton<i«runuj\c , i

Notre coq, d'iinmeur active,

Las d'Alger, s’écrie : Il faut Que jusqu'au bon Dieu j’arrive,

Pour voir s’il s’endort là-haut.

J’ai réponse k tout qui-vive. , > q

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako. /, •* (

Coquérico, coquérico.

Oui, jusqu'au ciel ie m'envole, ,

Sans permis des généraux. , iit

Heureux, si mon cliant racole -

Des âmes de vieux héros. , ,

De leur gloire je raffole. ‘ , .q

Co, co, coquérico,

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico. .

Que ces étoiles sont belles!

Et les deux, comme ils sont grands

Ces planètes seraient-elles Un bon mets de conquérants !

Qu’à nos gens poussent des ailes!

Go, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Dans Vénus j’entre à la brune;

Mars m’attire à ses tambours.

Chez Mercure la Fortune Gave butors * et vautours.

Que d’avocats dans la Lune !

Go, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Du Soleil je fends la voûte.

Dieu! l’Empereur m’apparaît!

Tu veux un guide, sans doute;

Tiens, dit-il, mon aigle est prêt ;

Du ciel il connaît la route.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Nous partons, et dans nos traites L’aigle se plaît à conter Batailles, sièges, retraites;

Si bien que, pour l'écouter,

S’arrêtent plusieurs comètes.

Co, co, coquérico.

France, remets tou shako.

Coquérico, coquérico.

* Butor, oiseau de proie.

Vient un parfum qui nous flatte.

Au paradis nous voilà,

T)it l’aille, à la porte gratte;

Mon père, quittons-nous là.

Adieu, serrons-nous la patte.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Qui fume à cette fenêtre?

C’est saint Pierre. Il me dit : Coq, Aucun des tiens ne pénètre Chez nous que pour pendre au croc.

Vos chants m’ont trop fait connaître.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Passe un ange qui raconte Le refus du vieux commis.

Cours, dit le bon Dieu, qu’il monte ; ‘ Ce coq est de mes amis.

J’entre, et Pierre en meurt de honte.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Mange et bois dans mon aiguière,

Dit le bon Dieu fort à point. .

Cà! parmi vos gens de guerre, f)e moi ne médit-on point?

— A vous ils ne pensent guère.

Co, co, coquérico.' .

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Mais, quoi! le bon Dieu se fâche!

— Coq, ne désertes-tu pas ?

— Corbleu! suis- je donc un lâche?

— îïon; mais retourne là-bas.

Tu n’as point fini ta tâche.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

Sous le drapeau tricolore Va* réchauffer cœurs et bras;

De vous j’ai besoin encore.

Coq, bientôt tu chanteras Le réveil avaut l’aurore.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico. .

L’oiseau, prompt comme la foudre, ' Rentre au quartier général,

Disant : L’on en va découdre :

Dieu fait seller son cheval,

Les anges font de la poudre.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

De ce récit véridique,

C’est moi, Jacques Dubuisson, Sergent aux chasseurs d’Afrique, Qui composai la chanson.

Apprenez-en la musique.

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, Coquérico.

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