MA GAI TÉ
Musique de Frédéric Etra:
Ma gaîté s’en est allée.
Sage on fou qui la rendra A ma pauvre âme isolée,
Dieu l’enl récompensera.
Tout vient aggraver ma perte :
L’ infidèle, en s’évadant.
Au chagrin toujours rôdant.
A laissé ma porte ouverte.
Au logis ramenez-la, ) s
Vous tous qu’elle consola. \
Ma gaîté, bonne égrillarde D’un garçon malingre, et vieux, Devait me servir de garde, *
Devait me fermer les yeux.
De ses traits qui n’a mémoire?
Pour me la voir ramener,
Si j’en avais à donner,
Je donnerais de la gloire.
Au logis rameuez-la.
Vous tous qu’elle consola.
Je lui dus, vaille que vaille.
Ces chants que le prisonnier A tant redits sur sa pailje Et le pauvre en son grenier. -
DE B K R A NC. ER. > 0>05
La folle, franchissant l’onde,
Brave et railleuse à Paris,
Allait rendre à nos proscrits L’espérance au bout du monde.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola»
u Cessez à de folles têtes « D’inspirer vos désespoirs,
« Disait-elle aux grands poètes :
«• Le génie a ses devoirs.
■i Qu’il brille au vaisseau qui sombre « Comme un phare bienfaisant.
« Je ne suis qu’un ver luisant, o Mais je rends la nuit moins sombre. » Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.
Du luxe elle avait la haine,
Philosophait même un peu.
En petit cercle et sans gêne S’ébattait au coin du feu.
Que sou rire avait de charmes !
J’en pleurais épanoui.
Le rire est évanoui;
Il n’est resté que les larmes.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.
Elle exaltait la jeunesse,
Les cœurs chauds, les doux penchants,
Ne comptait dans notre espèce Que des fous, point de méchants.
En dépit des sots rigides,
Qu’elle dépouilla de fois