REQUÊTE
HÛStNTic
far les ciiiens de qualité
POUR OBTENIR Qü’ON LEUR RENDE L’ENTRÉE LIBRE AU JARDIN DES TUILERIES.
Juin 1844.
Am • Faut d’u vertu pas trop n’eft faut.
Puisque le tyran est à bas, ) Br{.
Laissez-nons prendre nos ébats. )
Aux maîtres des cérémonies Plaise ordonner que, dès demain.
Entrent sans iaisse aux Tuileries Les chiens du faubourg Saint-Germain.
Puisque le tyran est à bas,
Laissez-nous prendre nos ébats.
Les chiens dont le pavé se couvre Distinguez-nous à nos colliers.
On sent que les honneurs du Louvre Iraient mal à ces roturiers.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous” prendre nos ébats.
• Quoique toujours, sous son empire, L’usurpateur nous ait chassés,
Nous avons laissé sans mot dire Aboyer tous les gens pressés.
Puisque le tyran est à bas,
Laissez-nous prendre nos ébats.
Quand sur son règne on prend des notes, Grâce pour quelques chiens félons !
Tel qui longtemps lécha ses bottes Lui mord aujourd’hui les talons.
Puisque le tyran est à bas,
Laissez-nous prendre nos ébats.
En attrapant mieux que des puces,
On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes Couverts encor du sang français.
Puisque le tyran est à bas,
Laissez-nous prendre nos ébats.
Qu’importe que, sûr d’un gros lucre, L’Anglais dise avoir triomphé?
On nous rend le morceau de sucre;
Les chats reprennent leur café.
Puisque le tyran est à bas,
Laissez-nous prendre nos ébats.
Quand nos dames reprennent vite Les barbes et le caraco,
Quand on refait de l’eau bénite, Remettez-nous in statu quo.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Nous promettons, pour cette grâce, Tous, hors quelques barbets honteux, De sauter pour les gens en place,
De courir sur les malheureux.
Puisque le tyran est à bas, i Laissez-nous prendre nos ébats. \ BIi
LA CENSURE
CHANSON
OUI COURUT MANUSCRITE AU MOIS D'AOUT 1814 *. Ain : Qu’esl-cc qu'ça u’faii a moi *
Que, sous le joug*des libraires,
On livre encor nos auteurs Aux censeurs, aux inspecteurs, Rats-de-cave littéraires ;
Riez- en avec moi.
Ah! pour rire Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
D’un privilège au roi !
L’Etat ayant pins d’un membre Que la presse eût fait trembler,
Qu’on ait craint son franc parler Dans la chambre et l'antichambre ; Riez-en avec moi.
* On venait de discuter à la Chaipbre une loi restrictive de U liberté de la presse, présente* par l’abbé d« Muutcsquiou ministre de l'inUriaitr.
DE BÉRANGER. 8t
Ah! pour rire Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
D’un privilège du roi !
Que cette Chambre sensée Laisse avec soumission Sortir la procession Et renfermer la pensée ,*
Riez-en avec moi.
Ah! pour rire- Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
D’un privilège du roi !
Qu’un censeur bien tyrannique De l’esprit soit le geôlier,
• Et qu’avec son prisonnier Jamais il ne communique ,
Riez-en avec moi.
Ali ! pour rire Et pour tout dire.
Il n’est besoin, ma foi,
D’un privilège du roi !
Quand déjà l’on n’y voit guère,
Quand on a peine a marcher,
En fei/pant de la moucher,
Qu’on éteigne la lumière ;
Riez-en avec moi.
Ah! pour rire Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
D’un privilège du roi !
Qu’un ministre, qui s’irrite Quand on lui fait la leçon,
Lise tout bas ma chanson Qui lui parvient manuscrite ; Riez-en avec moi.
Ah ! pour rire Et pour tout dire,
Il n’est besoin, ma foi,
I)’im privilège du roi